LEAD 2-K+S bondit en Bourse après une offre à 7 mds du canadien Potash

vendredi 26 juin 2015 10h23
 

(Actualisé avec précisions sur la prime, commentaire d'analyste)

FRANCFORT, 25 juin (Reuters) - Le titre du producteur allemand de potasse K+S s'envole en Bourse vendredi après l'annonce d'une offre de rachat présentée par le fabricant canadien d'engrais Potash Corp of Saskatchewan, qui pourrait déclencher une nouvelle bataille dans le secteur.

K+S a déclaré qu'il réfléchissait aux suites à donner aux avances de Potash. Deux sources proches du dossier ont indiqué que le groupe allemand rejetterait probablement cette offre, qui le valorise à sept milliards d'euros, en la jugeant trop faible.

L'action K+S s'adjuge 29,71% à 37,68 euros vers 08h00 GMT en Bourse de Francfort, après avoir gagné jusqu'à 39% et dépassé 40 euros. Jeudi, le titre Potash a clôturé sur un gain de près de 5% à New York et de plus de 4% à Toronto.

Selon les sources, l'offre valorise K+S juste au-dessus de 40 euros, soit une prime de 38% par rapport au cours de clôture de jeudi et de 44% par rapport à la moyenne mobile des six derniers mois, selon les données Thomson Reuters.

Potash Corp a confirmé avoir soumis une offre amicale de rachat à K+S, sans plus de précisions.

Il s'agit de la deuxième tentative de Potash pour racheter le groupe allemand, qui exploite des mines de potasse et de sel à destination des secteurs agricoles et alimentaires. Une offre visant à prendre la majorité du capital de K+S en 1997 avait été rejetée par les autorités allemandes de la concurrence.

Depuis, l'offre sur le marché mondial de la potasse est devenue excédentaire et Potash Corp a vu sa position s'affaiblir dans un contexte de concurrence accrue dans le secteur.

L'une des sources a estimé que l'offre du canadien était "opportuniste" dans la mesure où elle ne reflète pas la valeur du projet de mine de potasse "Legacy" de K+S au Canada, en cours de développement. K+S a investi deux milliards d'euros dans cette mine, qui est réalisée à 75%.

Les analystes de Bernstein estiment aussi que l'offre est motivée entre autres par la volonté de Potash de contrôler le projet Legacy.

"Une acquisition pourrait empêcher Legacy (environ deux millions de tonnes par an) de peser sur les prix dans la mesure où (la mine) ajoute une nouvelle capacité à un marché mondial et nord-américains déjà en surplus", écrivent-ils dans une note. (Harro ten Wolde et Arno Schuetze; Bertrand Boucey et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)