REPORTAGE-La nostalgie de la drachme gagne du terrain en Grèce

mercredi 24 juin 2015 21h35
 

par Gina Kalovyrna et Ingrid Melander

ATHENES, 24 juin (Reuters) - Dans un café d'un quartier ouvrier d'Athènes, Stelios Maragakis, un musicien de 55 ans, pense avoir la solution à la crise grecque -- abandonner l'euro. "Nous devons revenir à la drachme, c'est le seul moyen de sauver la Grèce", dit-il en sirotant un petit verre d'alcool.

Si cette opinion reste minoritaire au sein de la population, elle gagne peu à peu du terrain tandis que le gouvernement d'Athènes et les créanciers de la Grèce poursuivent leur bras de fer.

Selon les derniers sondages, 30% des Grecs souhaitent une sortie de la zone euro. C'est dix points de plus que dans les enquêtes réalisées ces dernières années, note Costas Panagopoulos, qui dirige l'institut de sondage ALCO. "C'est toujours une minorité, mais elle est de plus en plus forte", dit-il.

Cette évolution ne traduit pas seulement la déception de la population après des années d'austérité et des discussions qui semblent sans fin avec les créanciers du pays, l'UE, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international.

Pour beaucoup de Grecs, il s'agit aussi de reprendre le contrôle des affaires économiques du pays en quittant la zone euro, que la Grèce a rejointe en 2002.

"LA DRACHME, ET ON REPART"

Depuis la crise de 2008, l'économie grecque s'est effondrée et plus de 25% de la population active est au chômage. L'idée d'abandonner l'euro n'est plus taboue.   Suite...