Numericable-SFR-Pas de pression politique, assure Martin Bouygues

mercredi 24 juin 2015 08h35
 

PARIS, 24 juin (Reuters) - Martin Bouygues a assuré mercredi que son rejet de l'offre d'Altice sur sa filiale Bouygues Telecom avait été décidé librement, sans aucune pression politique.

Le groupe de BTP, de médias et de télécommunications a rejeté mardi soir l'offre du groupe européen de télécoms Altice, maison-mère de Numericable-SFR, estimée à dix milliards d'euros selon des sources proches du dossier et vivement critiquée par le gouvernement.

"Il n'y a pas eu de pressions politiques", a déclaré Martin Bouygues sur RTL. "Je crois qu'ils m'ont laissé assumer le choix que je devais faire, ce n'est pas d'ailleurs même pas mon choix, c'est celui du conseil d'administration de Bouygues (...) et le consensus est tel (...) qu'il n'y a pas eu de débat vraiment au sein du conseil pour se poser la question de savoir ce qu'il fallait faire ou ne pas faire."

Martin Bouygues, qui a confirmé par ailleurs avoir vu le président de la République François Hollande mardi, jour du conseil d'administration du groupe, a ajouté que Bouygues Telecom, après sa restructuration, avait aujourd'hui tous les atouts nécessaires, en terme de coûts, de réseau et d'offres, pour exister sur un marché à quatre opérateurs.

"Je considère qu'une entreprise n'est pas une marchandise comme une autre, tout n'est pas à vendre, et dans cette affaire nous avons maintenant recréé un projet d'entreprise pour Bouygues Telecom, avec beaucoup de sacrifices de la part des salariés", a dit le PDG du groupe Bouygues. "Maintenant nous avons tout ce qu'il faut pour nous battre, et nous nous battons." (Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)