En Allemagne, la Grèce est toujours un sujet de division

mardi 23 juin 2015 17h30
 

par Noah Barkin et Erik Kirschbaum

BERLIN, 23 juin (Reuters) - En 2011 déjà, Wolfgang Bosbach, élu chrétien-démocrate (CDU) au Bundestag, s'opposait au premier plan d'aide à la Grèce. Quatre ans après, il n'a pas changé d'avis et continue d'afficher son opposition à la ligne défendue par Angela Merkel sur ce dossier.

"Quiconque croit qu'il s'agit du dernier chapitre de l'interminable saga grecque va bientôt recevoir une leçon", a-t-il déclaré mardi à une radio allemande, au lendemain de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro convoquée en urgence à Bruxelles, qui a salué les nouvelles propositions de réformes grecques.

Et Wolfgang Bosbach est loin d'être isolé: alors que l'Europe entrevoit un accord qui permettrait d'éviter un défaut de la Grèce, les Allemands sont de plus en plus nombreux à s'interroger sur l'opportunité de continuer à soutenir Athènes.

Selon un sondage réalisé il y a moins d'un mois pour la chaîne de télévision publique ZDF, 51% des Allemands souhaitent que la Grèce sorte de la zone euro, alors qu'ils n'étaient qu'un tiers en janvier. Et une autre étude d'opinion, pour ARD, a montré que 22% seulement de la population craignaient qu'un "Grexit" ait des conséquences néfastes sur leur propre situation.

Cette évolution est sans doute liée à la mauvaise image qu'ont les dirigeants grecs dans l'opinion et la presse allemande: le Premier ministre Alexis Tsipras et son gouvernement sont régulièrement présentés par les grands quotidiens, comme Bild ou le Frankfurter Allgemeine Zeitung, comme des amateurs ingrats, indignes de la confiance et de la solidarité dont leur fait bénéficier Berlin.

Mais les réticences allemandes peuvent aussi s'expliquer par le discours d'Angela Merkel et de ses ministres, à commencer par Wolfgang Schäuble, le très populaire ministre des Finances, qui explique régulièrement qu'une sortie de la Grèce de la zone euro serait acceptable, voire préférable, quel qu'en soit le coût immédiat.

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