Bouygues Telecom-Le gouvernement maintient la pression sur Altice

mardi 23 juin 2015 16h02
 

PARIS, 23 juin (Reuters) - Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a déclaré mardi que le gouvernement allait étudier de près l'offre de rachat de Bouygues Telecom par Numericable-SFR.

Le ministre de l'Economie, qui doit rencontrer en fin d'après-midi Patrick Drahi, le patron d'Altice, maison-mère de Numericable-SFR, a également jugé que l'Etat avait un rôle à jouer dans ce projet de rachat de la filiale télécoms du groupe Bouygues, maintenant la pression sur les protagonistes du dossier.

"Il est nécessaire de regarder de près cette opération, de s'expliquer", a ainsi déclaré Emmanuel Macron, lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale. "L'Etat a un rôle à jouer en la matière et (son rôle) consiste à jouer pour le long terme et pour notre économie."

Depuis dimanche, le ministre de l'Economie n'a eu de cesse de réaffirmer son opposition au projet de rachat de Bouygues Telecom par Numericable-SFR, redoutant les conséquences d'une telle opérations sur l'emploi et les investissements à l'heure où le gouvernement doit lancer un appel d'offres pour les fréquences 700 mégahertz pour le déploiement de la 4G dans l'Hexagone. et

"Nous avons des doutes en matière d'emplois, en matière de délais de paiement (...) Nous devons regarder de près les conséquences sur l'investissement", a insisté Emmanuel Macron.

"Il est à peu près évident qu'il y aura des destructions d'emploi à cause de cette opération. C'est ce qu'on appelle joliment des synergies."

Le groupe européen de télécoms Altice a officialisé lundi avoir soumis une offre de rachat de Bouygues Telecom pour un montant qui atteindrait, selon des sources, 10 milliards d'euros.

Cette offre sera examinée par le conseil d'administration de Bouygues prévu ce jour à 18 heures. (Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot)