Berlin, le paradoxe d'une métropole séduisante mais sans le sou
par Noah Barkin
BERLIN, 7 novembre (Reuters) - Berlin est une ville "pauvre mais sexy", a un jour dit son maire Klaus Wowereit, illustrant ainsi le paradoxe d'une capitale européenne parmi les plus attractives, mais confrontées à de nettes difficultés économiques. Le galleriste américain Gregory Teodori, lorsqu'il s'est installé dans la capitale allemande après avoir décidé de prolonger en Europe plusieurs années de succès en Californie, s'est peut-être dit à l'inverse que Berlin était sexy, mais pauvre.
Après avoir hésité entre Londres, Paris et Rome, il s'est finalement décidé en mars 2008 pour le quartier berlinois de Mitte (littéralement "centre"), secteur à la mode de ce qui était il y a vingt ans Berlin-Est.
Mais, durant sa première année d'activité, aucun de ses clients n'était allemand. La clientèle jeune et fortunée de sa gallerie Merry Karnowsky, sur la côte ouest américaine, n'existait tout simplement pas à Berlin.
Originaire du Massachussetts, Teodori a aujourd'hui 51 ans et arbore une large moustache noire en guidon de vélo. "Berlin était un choix évident pour nous. Une nouvelle frontière, libre d'esprit et dégagée des normes. Elle me rappelle New York dans les années 80", commente-t-il.
"Mais nous avons dû nous battre. Les oeuvres que nous exposons sont orientées vers un public jeune. A Los Angeles, beaucoup de jeunes ont beaucoup d'argent. Ici à Berlin, la population à laquelle nous nous adressons semble n'avoir que le strict nécessaire pour vivre."
RENOUVEAU CULTUREL DÉSARGENTÉ
L'expérience vécue par Teodori illustre le paradoxe d'une métropole de 3,4 millions d'habitants, réunifiée depuis vingt ans. Suite...

