Kocherlakota-La Fed peut attendre mi-2016 pour relever les taux

mardi 7 avril 2015 15h16
 

BISMARCK, Dakota du Nord, 7 avril (Reuters) - Il faudra plusieurs années avant de voir les Etats-Unis revenus à des niveaux d'inflation et d'emploi normaux, ce qui permet à la Réserve fédérale d'attendre le second semestre 2016 pour entamer le relèvement de ses taux, a déclaré mardi Narayana Kocherlakota, le président de la Fed de Minneapolis.

Partisan de la patience en matière d'évolution des taux, il a ajouté qu'une fois la hausse des taux enclenchée, elle pourrait se poursuivre graduellement pour ramener l'objectif des "fed funds" à 2% d'ici la fin 2017.

Les opinions exprimées par Narayana Kocherlakota tranchent avec celles de la majorité des autres responsables de la Fed, y compris sa présidente, Janet Yellen, qui penchent pour une première hausse des taux dès cette année pour accompagner l'amélioration du marché de l'emploi et la remontée attendue des prix.

Certains des plus "faucons" des dirigeants de la banque centrale ont même plaidé en faveur d'une hausse de taux dès juin, en jugeant qu'attendre trop longtemps obligerait la Fed à orchestrer une remontée rapide des taux afin d'endiguer les risques inflationnistes.

"Je continue de croire que relever l'objectif de taux des fed funds en 2015 serait une erreur", a déclaré Narayana Kocherlakota dans un discours rédigé à l'avance" en vue d'une intervention à la Chambre de commerce de Bismarck-Mandan.

"Mon propre point de vue est qu'à la lumière des perspectives d'un chômage particulièrement bas et d'une inflation particulièrement basse, la (Fed) peut agir à la fois tardivement et lentement pour atténuer le caractère accommodant de la politique monétaire."

Le taux de chômage aux Etats-Unis a déjà été ramené à 5,5% mais l'inflation est très inférieure à l'objectif de 2% que s'est fixé la Fed. Pour Narayana Kocherlakota, il faudrait au moins trois années supplémentaires d'amélioration du marché de l'emploi comparable à celle observée l'an dernier pour revenir au niveau "normal" observé avant la crise financière.

(Ann Saphir, Marc Angrand pour le service français)