La Fed surveille les signes de faiblesse de l'économie US-Dudley

lundi 6 avril 2015 19h42
 

NEWARK (Etats-Unis), 6 avril (Reuters) - Le calendrier du relèvement des taux d'intérêt est incertain et la Réserve fédérale doit s'assurer que le récent accès de faiblesse inattendue de l'économie américaine ne présage pas d'un ralentissement plus significatif, a déclaré lundi un responsable influent de la banque centrale américaine.

William Dudley, le président de la Fed de New York, a déclaré que le rapport décevant publié vendredi sur le marché de l'emploi en mars, ainsi que le ralentissement de l'activité manufacturière et des ventes de détail ces derniers mois, reflétaient "des facteurs temporaires dans une large mesure", y compris un hiver glacial sur une grande partie des Etats-Unis.

Mais dans un discours relativement accommodant devant des hommes d'affaires à Newark, dans le New Jersey, il a dit que la banque centrale devrait "déterminer si la faiblesse du rapport sur l'emploi en mars révélée vendredi annonce un ralentissement plus net du marché du travail qu'(il) ne l'anticipe actuellement."

Les créations d'emploi aux Etats-Unis sont tombées le mois dernier à leur plus bas niveau depuis décembre 2013, ce qui tend à renforcer l'impression de fragilité de la reprise économique américaine, dans un contexte marqué par la vigueur du dollar, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale à ne pas précipiter une hausse des taux d'intérêt.

William Dudley, qui dispose d'un droit de vote permanent au comité de politique monétaire de la Fed et est un proche allié de la présidente de la Fed Janet Yellen, a réaffirmé que la hausse des taux interviendrait après une nouvelle amélioration de l'emploi et quand les responsables seront raisonnablement convaincus que l'inflation retrouvera son objectif de 2%.

Contrairement à ce qu'il avait fait dans de précédents discours, il n'a pas répété que l'on pouvait raisonnablement s'attendre à une hausse de taux d'ici la mi-2015.

"Le calendrier de la normalisation dépendra des indicateurs et reste incertain parce que l'évolution à venir de l'économie ne peut être complètement anticipée", a-t-il dit.

Il a jugé que le pétrole bon marché et le fermeté du dollar étaient les principaux facteurs de risque de l'économie qui, selon lui, devrait croître de plus de 2% cette année, avec un chômage ramené à 5% contre 5,5% actuellement, et des salaires en hausse.

Wall Street gagnait près de 1% vers 17h30 GMT lundi, certains intervenants expliquant que le ton jugé plus accommodant de William Dudley contribuait à cette nette progression des actions.

(Jonathan Spicer, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)