Le PDG de Vinci dément les accusations d'esclavage au Qatar

jeudi 2 avril 2015 08h00
 

PARIS, 2 avril (Reuters) - Vinci respecte à la lettre la législation en vigueur au Qatar et fait même beaucoup plus pour assurer des conditions de travail décentes à ses ouvriers sur les chantiers, a assuré son PDG Xavier Huillard dans un entretien au journal Le Figaro publié jeudi.

La semaine dernière, le groupe de BTP avait déjà réfuté des accusations de l'ONG Sherpa, qui a annoncé avoir déposé plainte contre lui pour "travail forcé" et "réduction en servitude" en raison des conditions de travail sur des chantiers du Mondial au Qatar.

Vinci avait alors fait savoir dans un communiqué qu'il avait décidé de porter plainte pour diffamation contre cette ONG.

"Je ne peux pas dire que tout est parfait, il reste même beaucoup à faire. Mais toutes les règles sont respectées et plus encore. Et j'affirme que nous avons l'ambition d'être les meilleurs de la classe et que nous nous en donnons les moyens", dit dans l'interview Xavier Huillard.

Le dirigeant indique que ses employés au Qatar vivent dans des conditions qui sont aux meilleurs standards en vigueur dans l'émirat en étant logés dans des chambres climatisées de quatre personnes au plus, dotées de coffres-forts pour conserver leurs effets personnels et leurs passeports.

"Avant que cette installation ne soit opérationnelle, c'est-à-dire jusqu'au début de cette année, nous conservions effectivement les passeports de ces travailleurs. Mais pas sous la contrainte!", déclare Xavier Huillard.

"Leurs titulaires nous les confiaient volontairement, en signant une décharge dans leur langue, pour ne pas prendre le risque de vol ou de destruction. Des mésaventures qui étaient déjà arrivées. Ils pouvaient bien sûr les récupérer à tout moment", ajoute-t-il.

S'agissant de ses sous-traitants, le PDG de Vinci assure pouvoir totalement s'engager sur le respect des règles sur les chantiers du groupe tout en reconnaissant que les choses sont plus difficiles à maîtriser et à contrôler hors de l'enceinte des chantiers.

Xavier Huillard ne pense pas que les relations avec le Qatar vont pâtir de cette polémique mais il redoute en revanche un "vrai dégât" d'image en France. (Alexandre Boksenbaum-Granier)