LEAD 1-France-MoryGlobal en liquidation judiciaire

mardi 31 mars 2015 19h10
 

(Actualisé avec Vidalies)

ORLÉANS, Loiret, 31 mars (Reuters) - Le transporteur MoryGlobal a été placé mardi en liquidation judiciaire et le gouvernement s'est engagé à garantir à ses salariés un plan social aux conditions identiques à celui de leurs anciens collègues de Mory Ducros, leur ex-société démantelée en 2014.

Près de 2.150 salariés sont concernés, qui s'ajoutent aux 2.800 licenciés l'an passé, ce qui fait de ce dossier le plus grand sinistre social en France depuis la faillite du fabricant de petit électroménager Moulinex au début des années 2000.

De source syndicale, on a déclaré que le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis), qui avait placé la société en redressement judiciaire le 10 février, avait prononcé sa liquidation avec poursuite d'activité durant un mois.

"Les salariés sont dépités d'avoir à travailler encore plusieurs semaines alors que leur boîte va fermer", a dit à Reuters Eric Jahier, délégué du personnel sur le site d'Ormes, dans le Loiret.

"Ici, la moyenne d'âge est de 47 ans et l'ancienneté de 18 ans. Aujourd'hui, nous demandons une prime supra-légale de 12.000 euros pour 20 ans d'activité, comme ce qu'avaient obtenu les Mory Ducros au cours du plan social précédent", a-t-il précisé.

A l'Assemblée nationale, le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies a indiqué que "le gouvernement considère comme légitime la revendication des salariés de MoryGlobal d'avoir un plan social identique à celui de Mory Ducros".

"Le gouvernement souhaite un dispositif exceptionnel", a-t-il ajouté lors des questions au gouvernement.

Il a indiqué que chaque salarié serait accompagné par un conseiller spécialisé, qu'il bénéficierait d'un contrat de sécurisation professionnelle permettant de garantir les salaires pendant 12 mois et que l'Etat "prendrait en charge pendant deux ans les différentiels de salaires jusqu'à 300 euros".

Numéro deux français des messageries, Mory Ducros avait déjà frôlé la faillite début 2014. Il n'avait dû sa survie qu'à une intervention de l'Etat à l'initiative d'Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, en appui d'Arcole Industries, son principal actionnaire, au prix d'un premier plan social de grande ampleur. (Mourad Guichard, avec Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)