Japon-L'inflation de base cale, la BoJ reste sous pression

vendredi 27 mars 2015 10h13
 

TOKYO, 27 mars (Reuters) - L'inflation de base au Japon est retombée à zéro en février, son premier mois sans hausse depuis près de deux ans, un coup d'arrêt qui plaide en faveur de nouvelles mesures de soutien monétaire de la part de la Banque du Japon (BoJ) au cours des prochains mois.

L'indice d'inflation de base, qui inclut les prix du pétrole mais exclut les prix des produits alimentaires frais, est en hausse de 2,0% en rythme annuel, un chiffre inférieur au consensus des estimations d'économistes établi par Reuters, qui le donnait à 2,1%.

Mais en excluant l'impact du relèvement de la TVA intervenu l'an dernier, il reste inchangé par rapport à février 2014, s'éloignant donc de l'objectif prioritaire de la BoJ, à savoir une hausse de 2% par an des prix à la consommation.

"L'inflation de base pourrait reculer de jusqu'à 0,5% avant de toucher son point bas autour de juillet et de remonter en fin d'année", estime Junko Nishioka, chef économiste de Sumitomo Mitsui Banking.

La banque centrale japonaise avait prévenu que la chute des cours du pétrole devrait peser sur l'inflation durant la majeure partie de cette année. Les derniers chiffres fournissent des arguments aux partisans d'un accroissement de son soutien à l'activité et au crédit.

Harada Yutaka, entré récemment au comité de politique monétaire de la BoJ et partisan d'une stratégie offensive d'assouplissement, a déclaré jeudi que le calendrier prévisionnel d'une remontée de l'inflation à 2% d'ici deux ans n'était pas rigide, ce qui sous-entend qu'il est peu probable que la BoJ prenne prochainement de nouvelles initiatives.

Reste qu'une absence persistante de signes de remontée des prix pourrait l'obliger à agir pour éviter un retour à la déflation, la principale plaie de l'économie japonaise pendant près de 20 ans.

La plupart des observateurs estiment que de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif pourraient être annoncées au second semestre, complétant celles d'octobre dernier.

D'autres indicateurs économiques publiés vendredi n'offrent guère de motifs de soulagement, la consommation des ménages ayant reculé de 2,9% sur un an, son septième mois de baisse.   Suite...