Balfour passe le dividende, le titre s'envole

mercredi 25 mars 2015 11h56
 

LONDRES, 25 mars (Reuters) - Le titre Balfour Beatty prenait près de 7% mercredi vers la mi-séance à Londres, les investisseurs saluant la volonté affichée du groupe de construction britannique de prendre à bras le corps ses difficultés et passant outre sa décision de ne pas verser de dividende après une perte de 59 millions de livres en 2014.

Vers 10h50 GMT, l'action prenait 6,66% à 246,25 pence, affichant la plus forte hausse de l'indice Stoxx 600 alors que l'indice regroupant les valeurs européennes liées à la construction reculait de 0,61%.

Balfour Beatty, en grande difficulté, a multiplié depuis deux ans les avertissements sur ses résultats et a repoussé des tentatives d'approche de son concurrent Carillion ainsi que, plus récemment, l'offre de la société d'investissement John Laing Infrastructure Fund sur son portefeuille d'actifs de partenariat public-privé (PPP).

Le groupe de construction a débauché en octobre le directeur général du groupe de défense QinetiQ Leo Quinn, un spécialiste reconnu du redressement d'entreprise, pour succéder à Andrew McNaughton qui avait démissionné en mai.

Leo Quinn a déclaré que le groupe se donnait deux ans pour solder "l'héritage compliqué" de projets de construction chancelants.

Leo Quinn, aux manettes depuis le 1er janvier, a également dit à Reuters qu'il voulait, par rapport à 2014, améliorer la génération de trésorerie de 200 millions de livres (272 millions d'euros) et arriver à des économies de coûts de 100 millions.

Au sujet de la suspension du dividende jusqu'en mars 2016, il a estimé qu'il s'agissait d'une "décision de prudence (...) afin de faire en sorte que nous renforcions notre bilan pendant cette période incertaine."

Leo Quinn a dit qu'il n'allait pas étendre à l'ensemble du groupe l'évaluation par KPMG des activités de construction britanniques de Balfour, ajoutant qu'il entendait mener à bien une revue séparée d'ici septembre.

Après une nouvelle dépréciation de 118 millions de livres passée sur des contrats de construction britanniques, la perte de cette division est de près de 300 millions.

Le titre Balfour, qui avait perdu plus de 26% en 2014, est en hausse de quelque 16% depuis le début de l'année, contre +21% pour l'indice sectoriel. (Li-mei Hoang, Benoit Van Overstraeten pour le service français)