L'Australie lance son appel d'offres pour des sous-marins

mercredi 25 mars 2015 12h05
 

par Matt Siegel

ADELAÏDE, Australie, 25 mars (Reuters) - L'Australie a formellement invité mercredi l'Allemagne, la France et le Japon à concourir pour un contrat portant sur le renouvellement de sa flotte de sous-marins, donnant le coup d'envoi à un projet controversé de 50 milliards de dollars australiens (35,37 milliards d'euros) qui est devenu un enjeu politique à Canberra.

Le mois dernier, l'Australie a écarté la Suède pour renouveler ses sous-marins au motif d'un manque d'expérience, malgré les protestations de l'opposition.

Le gouvernement australien ne souhaitait pas l'organisation d'un appel d'offres public pour ce contrat, ce qui semblait ouvrir une voie royale pour le Japon, mais le Premier ministre Tony Abbott a finalement promis en février une certaine transparence sur le dossier lors d'un débat interne au Parti libéral au pouvoir.

Lors d'une conférence mercredi avec les responsables de la marine australienne et des élus à Adelaïde, le ministre de la Défense australienne Kevin Andrews a dit que l'Allemagne, la France et le Japon étaient apparus comme des "partenaires internationaux" potentiels pour le remplacement des six sous-marins vieillissants appartenant à la classe Collins, construits avec l'aide de la Suède.

Selon Kevin Andrews, "l'évaluation compétitive" prendra au moins 10 mois et, au terme de ce délai, le ministère de la Défense fera ses recommandations au gouvernement sur ses partenaires préférés.

Une lettre contenant les exigences, y compris en termes de design, a été préparée pour l'appel d'offres et sera présentée dans les six mois avec les détails sur la manière dont les prétendants vont travailler avec l'industrie australienne sur le projet, a noté une source du secteur en Australie.

L'allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) et le français DCNS, détenu à 35% par Thales, ont tous les deux exprimé leur intérêt pour cet appel d'offres.

"Nous avons déjà le projet de contrat. Nous avons l'énoncé des travaux," a déclaré à Reuters Philip Stanford, le président du directoire de TKMS en marge du Sommet Future Submarine.

Les deux entreprises japonaises qui jusqu'à récemment étaient considérés comme les favoris du projet, Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Heavy Industries, ont rejeté une invitation à assister à la conférence d'Adelaïde.

Selon des sources, le Japon est cependant en bonne voie pour participer à l'appel d'offres, ce qui marquerait le retour de Tokyo sur le marché mondial de l'armement, un an après la levée par le Premier ministre Shinzo Abe de l'interdiction des exportations d'armes par l'archipel. Cela renforcerait aussi les liens entre deux puissances régionales, alliées de Washington. (avec Tim Kelly à Tokyo; Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten)