Canberra pourrait bloquer un projet Qantas-China Eastern

mardi 24 mars 2015 09h22
 

par Swati Pandey

SYDNEY, 24 mars (Reuters) - Les autorités de la concurrence australiennes pourraient rejeter le projet de coentreprise entre Qantas Airways et la compagnie aérienne chinoise China Eastern Airlines en raison d'inquiétudes sur la concurrence, montre mardi une première version de sa décision.

Un tel rejet mettrait dans l'embarras le Premier ministre australien Tony Abbott, qui cherche à renforcer les liens commerciaux avec la Chine.

La Commission australienne de la concurrence et des consommateurs (ACCC) estime, dans une version non finalisée de sa décision, que l'accord entre les deux compagnies aériennes pourraient leur donner un contrôle indu sur la liaison Sydney-Shanghai.

La décision doit être finalisée après les observations des parties prenantes d'ici le 5 avril. Elle pourrait constituer un coup dur non seulement pour Qantas mais aussi pour les accords d'échanges commerciaux entre l'Australie et la Chine, signés en novembre par le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre australien Tony Abbott.

En Bourse, l'action Qantas a décroché de 3%, tombant à un plus bas de deux semaines, après la décision initiale de l'ACCC avant de réduire ses pertes à 1,64% en clôture.

Les deux transporteurs vont travailler ensemble avec le régulateur à l'approche d'une décision finale, a déclaré Qantas dans un communiqué.

La compagnie australienne défend son projet de coentreprise, arguant que cela stimulera le commerce bilatéral évalué à 150 milliards de dollars australiens (107,89 milliards d'euros) en 2013. Selon Qantas, le projet permettra aussi d'augmenter les services et, à terme, d'ouvrir de nouvelles liaisons entre les deux pays.

"Il y a déjà plus de 20 compagnies aériennes qui fournissent des services entre l'Asutralie et la Chine continentale et les tarifs sur ces liaisons montrent que le marché est hautement compétitif", a déclaré dans un communiqué le directeur général de Qantas Gareth Evans.

Mais l'ACCC n'est pas de cet avis.

"Ce sont les deux principales compagnies aériennes sur la liaison et les seules compagnies aériennes qui proposent des vols quotidiens, donc la principale contrainte concurrentielle s'exercera l'une sur l'autre. La concurrence entre elles sera considérablement réduite dans le cadre de ce projet", écrit dans un communiqué Rod Sims, le président de l'ACCC. (Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten)