Lafont victime de la "dérive" de la valeur de Lafarge - Fontana

dimanche 22 mars 2015 13h35
 

PARIS, 22 mars (Reuters) - La "dérive" de la valorisation de Lafarge depuis l'annonce de sa fusion avec Holcim en avril 2014 explique que le PDG du groupe français, Bruno Lafont, ne puisse pas devenir directeur général du nouvel ensemble, a déclaré le directeur général d'Holcim, Bernard Fontana, au Journal du dimanche.

Le mariage qui doit aboutir à la naissance du premier cimentier mondial, semblait menacé ces dernières semaines mais il a été remis sur les rails par l'annonce vendredi d'un accord sur une nouvelle parité plus favorable au groupe suisse en raison de la flambée du franc suisse et de perspectives de résultats plus favorables à Holcim.

Mais Lafarge et Holcim doivent encore s'entendre sur la personnalité du futur directeur général.

Bruno Lafont devait initialement hériter du poste mais, selon les nouvelles modalités de la fusion, il occupera un poste de coprésident non exécutif au côté de l'actuel président d'Holcim, Wolfgang Reitzle. Le directeur général sera nommé prochainement sur proposition de Bruno Lafont et du conseil d'administration de Lafarge.

Dans un entretien au Journal du dimanche, Bernard Fontana nie être intervenu et explique la mise à l'écart de Bruno Lafont de la direction exécutive par les résultats de Lafarge depuis l'annonce de la fusion il y a un an.

"Je ne suis pas intervenu spécialement pour le déstabiliser", affirme-t-il.

"L'explication est facile. Je suis Français et polytechnicien, donc la preuve que l'on peut faire tourner Holcim malgré les différences culturelles entre un style de management suisse et un autre français. Mais quand une valorisation dérive, cela soulève un problème de gouvernance", ajoute-t-il.

"Mon sujet principal depuis l'annonce de la fusion a été de garder les équipes focalisées sur la performance et c'est cela qui a abouti au nouveau calcul de la parité."

L'accord initial prévoyait un échange d'actions à parité. Le ratio d'échange a été ramené à 0,9 action Holcim pour une action Lafarge, ce qui donnera à Holcim près de 56% du futur ensemble et 44% à Lafarge, contre 53%-47% dans le schéma d'origine. (Gregory Blachier et Andrew Callus, édité par Marc Angrand)