La Tunisie veut porter sa croissance à 7% en 2020

mardi 17 mars 2015 16h36
 

TUNIS, 17 mars (Reuters) - Le nouveau gouvernement tunisien est en train de mettre au point un plan sur cinq ans visant à relancer la croissance et l'emploi grâce à une série de réformes sociales et une politique de grands travaux, a annoncé le Premier ministre Habib Essid.

Il s'agit de parvenir à une croissance de 7% en 2020, a précisé le chef du gouvernement qui s'est exprimé lundi soir dans un discours à la télévision. Il a cité comme exemple un projet gazier dans le sud et la construction de routes.

La croissance d'économique, qui a été de 2,3% l'an dernier, est prévue à 3% cette année.

Quatre ans après la chute du président Zine Ben Ali lors de la "révolution du jasmin", la Tunisie est montrée comme un exemple de transition démocratique, s'étant dotée d'une nouvelle Constitution et ayant tenu des élections libres.

Mais elle est sous pression de ses créanciers pour réduire ses dépenses publiques et réformer son système de subvention des produits alimentaires de base et des carburants, héritage de l'ancien régime du président Zine el Abidine Ben Ali.

"Nous allons entamer un programme de sauvetage, nous allons entamer des réformes dans la santé, l'éducation, en matière de subventions publiques et de dépenses sociales", a déclaré le chef du gouvernement.

L'âge de départ à la retraite va être relevé. L'an dernier, le gouvernement avait fait part de son intention de retarder de deux ans l'âge du départ à la retraite qui serait ainsi porté à 62 ans en 2015.

L'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), la puissante centrale syndicale, est opposée à ce projet. Elle conteste aussi le gel des salaires envisagé dans la fonction publique pour réduire la dépense publique.

La Tunisie a enregistré l'an dernier un déficit budgétaire d'environ 7,5 milliards de dinars (3,6 milliards d'euros), a indiqué le Premier ministre. Le déficit des budgets sociaux de l'Etat, assurance-maladie (CNAM) et retraites (CNRPS), est d'environ 1,1 milliard de dinars, a-t-il précisé. (Danielle Rouquié pour le service français, édité par Henri-Pierre André)