17 mars 2015 / 12:32 / il y a 3 ans

LEAD 1-Le moral des investisseurs allemands moins bon que prévu-ZEW

(Actualisé avec détails, contexte, déclarations)

par Kirsti Knolle et Till Weber

MANNHEIM, Allemagne, 17 mars (Reuters) - Le moral des investisseurs et analystes allemands s‘est amélioré en mars pour le cinquième mois consécutif, à son meilleur niveau depuis plus d‘un an, mais la crise ukrainienne et les tensions autour de la dette grecque continuent de tempérer leurs anticipations, selon l‘enquête mensuelle de l‘institut ZEW.

L‘institut de Mannheim note aussi que le programme d‘assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) de la Banque centrale européenne, à l‘origine de la nette amélioration de la confiance, commence aussi à susciter des inquiétudes.

L‘indice ZEW a atteint 54,8 en mars, à son plus haut depuis février 2014, contre 53,0 le mois précédent. Les économistes interrogés par Reuters attendaient toutefois une progression plus franche, leur estimation moyenne ressortant à 58,2.

La composante des conditions actuelles a bondi à 55,1 contre 45,5 en février, dépassant nettement le consensus qui était à 50,0 et revenant à son meilleur niveau depuis juillet 2014.

Ce sous-indice confirme les récents indicateurs brossant un tableau plus positif de la première économie européenne, avec une hausse de l‘activité du secteur privé, un chômage en baisse, une forte augmentation des ventes au détail et une production industrielle également bien orientée en dépit d‘un recul des commandes.

La chute des cours du pétrole, la baisse de l‘euro et les injections de liquidités de la BCE contribuent aussi à l‘embellie et laissent espérer une croissance robuste cette année après la hausse de 1,6% du produit intérieur brut allemand en 2014.

“C‘est la fièvre du printemps. Le ZEW nous envoie de nouveaux signaux optimistes”, commente Carsten Brzeski, économiste chez ING. “Soutenue par des fondamentaux économiques sains et principale bénéficiaire du QE de la BCE, l‘Allemagne devrait afficher une belle croissance”.

Clemens Fuest, le président de l‘institut ZEW, a relevé que l‘évolution positive de l‘économie allemande, soutenue par les hausses de salaires, le faible niveau du chômage et l‘absence de pressions inflationnistes, confirmait les anticipations des investisseurs et analystes.

Mais il s‘est montré plus prudent pour la suite, en notant que les experts commençaient à s‘interroger sur les risques liés au QE de la BCE, à savoir la formation de bulles.

Annoncés le 22 janvier par la banque centrale, les rachats d‘actifs ont commencé la semaine dernière et doivent se poursuivre jusqu‘à septembre 2016 au rythme de 60 milliards d‘euros par mois afin de raviver l‘inflation et de soutenir le crédit et l‘activité économique.

“Mon sentiment est que l‘effet QE a surtout joué sur la confiance en janvier et en février”, a dit Clemens Fuest.

”A l‘heure qu‘il est, beaucoup de gens s‘interrogent sur les risques, l‘un d‘eux étant évidemment celui de la formation d‘une bulle sur les marchés obligataires. Les rendements des obligations souveraines de la zone euro sont à un point où ils ne peuvent guère aller plus bas.

“Je pense que la BCE elle-même a sous-estimé l‘effet du programme sur le taux de change et peut-être même sur les rendements”, a-t-il ajouté.

Le ZEW note aussi que l‘absence de progrès dans la crise ukrainienne et dans la crise de la dette grecque ont aussi “tempéré les anticipations”, selon l‘expression de Clemens Fuest.

L‘enquête a été réalisée du 2 au 16 mars auprès de 219 analystes et investisseurs. (Véronique Tison pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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