Le programme de la BCE ne relancera pas l'investissement-Varoufakis

samedi 14 mars 2015 14h06
 

CERNOBBIO, Italie, 14 mars (Reuters) - Le programme de rachat de titres de dette lancé lundi par la Banque centrale européenne (BCE) va provoquer une bulle sur les marchés et a peu de chances de relancer les investissements dans la zone euro, a estimé le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, samedi.

Dans le cadre de ce nouveau programme d'assouplissement quantitatif ("quantitative easing", QE), la BCE prévoit d'acheter pour plus de 1.000 milliards d'euros d'obligations afin de faire remonter juste en-dessous de 2% une inflation aujourd'hui négative dans l'union monétaire.

Les rendements obligataires dans les pays membres de la zone euro se sont effondrés mais la faiblesse des taux d'intérêt des obligations d'Etat n'a pas permis de relancer les investissements, ni de soutenir la croissance dans des pays touchés par la récession comme l'Espagne ou l'Italie.

"Le QE est dans toutes les têtes et l'optimisme est de rigueur", a déclaré Varoufakis lors d'une conférence économique à Cernobbio, dans le nord de l'Italie.

"Au risque de jouer les rabat-joie, il me paraît difficile de comprendre comment l'élargissement de la base monétaire de notre union monétaire fragmentée va se transformer d'elle-même en un accroissement substantiel des investissements productifs", a-t-il ajouté.

"Le résultat va être de provoquer une bulle sur les marchés qui ne sera pas durable", a-t-il affirmé.

Varoufakis a réaffirmé que le gouvernement grec était prêt à adapter les mesures anti-austérité promises à un calendrier facilitant les négociations avec ses partenaires européens sur la question du versement de l'aide financière internationale.

"Nous n'avons jamais dit que nous allions revenir sur nos promesses, nous avons dit que nos promesses s'inscrivaient dans le cadre d'un mandat parlementaire de quatre ans", a-t-il précisé.

"Elles seront mises en place d'une manière optimale, en accord avec notre position dans les négociations et également en accord avec la situation fiscale de la Grèce", a-t-il poursuivi.

S'exprimant vendredi lors de cette conférence, le ministre grec des Finances avait affirmé être confiant dans l'issue des discussions avec les créanciers internationaux d'ici le 20 avril, échéance prévue par l'accord provisoire du mois dernier avec l'Eurogroupe.

(Valentina Za et Francesca Landini; Pierre Sérisier pour le service français) ;))