Les rendements négatifs ont des atouts cachés

vendredi 6 février 2015 17h01
 

par Jamie McGeever et John Geddie

LONDRES, 6 février (Reuters) - Des créanciers qui payent leurs débiteurs pour avoir le privilège de leur avancer de l'argent, c'est un peu le monde à l'envers. Mais, cette situation paradoxale ne cesse de prendre de l'ampleur sous l'effet des pressions déflationnistes liées aux excédents de capacités hérités de la crise financière et à la chute des cours des matières premières, pétrole en tête.

Les rendements négatifs devraient en toute logique pousser les investisseurs à se tenir à l'écart des obligations concernées, mais la liquidité et la sécurité qu'elles procurent justifient de continuer à les détenir.

A la fin de la semaine dernière, quelque 3.600 milliards de dollars (3.175 milliards d'euros) d'obligations souveraines offraient un rendement négatif selon la banque d'investissement JPMorgan, soit l'équivalent de 16% de l'encours des titres d'Etat représenté au travers de son Global Governement Bond Index.

En prenant en compte les emprunts d'Etat à court terme, Bank of America Merrill Lynch évalue à 7.300 milliards de dollars l'encours global de titres de dette publique offrant un rendement négatif.

En Europe, un quart de l'encours d'obligations souveraines, soit 2.000 milliards d'euros, se traite avec des rendements négatifs, selon RBS.

La baisse des prix et le passage de l'inflation en territoire négatif dans de nombreux pays est une des raisons pour lesquelles ces titres trouvent encore preneur. En effet, si la baisse des prix dépasse le rendement négatif des titres, les investisseurs continuent de dégager un rendement réel positif.

"UN PEU D'ARGENT DANS UN ENVIRONNEMENT DÉFLATIONNISTE"   Suite...