La maison italienne Liu Jo songe à ouvrir son capital-sources

vendredi 6 février 2015 10h37
 

LONDRES, 6 février (Reuters) - Les frères fondateurs de la maison de mode italienne Liu Jo se préparent à une introduction en Bourse ou une ouverture du capital de la société pour résoudre un différend sur la répartition future des parts, a-t-on appris de trois sources proches du dossier.

Vannis Marchi, 67 ans, cherche à se séparer de ses 36,8% dans la société, qui pourrait être valorisée jusqu'à 500 millions d'euros, selon l'une des sources, soit 10 fois son bénéfice avant impôt, intérêts, dépréciations et amortissements (Ebitda) de 50 millions.

Son frère Marco, 52 ans, possède 50,8% du capital et à l'intention de rester majoritaire, ont expliqué les sources.

"Les actionnaires de Liu Jo se préparent à une sortie et la société a les résultats qu'il faut pour attirer des investisseurs", a résumé l'une des sources, ajoutant qu'une procédure visant à tester l'appétit des investisseurs pour une introduction ou pour une vente devrait débuter d'ici un an.

Un représentant de Liu Jo a déclaré que la société n'était engagée dans aucun processus d'étude de ses options stratégiques.

Liu Jo, dont le siège est installé à Carpi, en Emilie-Romagne, emploie 550 personnes et exploite un réseau d'environ 240 magasins dans le monde, principalement en Europe et en Asie.

L'entreprise a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 281 millions d'euros, contre 155 millions en 2006, et devrait avoir atteint la barre des 300 millions en 2014, ont précisé deux des sources.

La marque pourrait consacrer les capitaux levés en cas de cession partielle ou totale à son développement en Amérique du Nord afin de compenser le ralentissement de son activité en Europe de l'Est, ont dit les sources.

Les frères Marchi, qui ont jusqu'à présent privilégié les financements bancaires, sont désormais tentés par la méthode qu'a choisie l'an dernier Versace en vendant 20% de son capital au groupe américain de capital-investissement Blackstone pour 210 millions d'euros.

Des rencontres avec un certain nombre d'acteurs du "private equity" ont déjà eu lieu mais les deux frères n'ont pas encore trouvé le partenaire idéal, a expliqué l'une des sources.

Le montant global des fusions-acquisitions dans le secteur italien de la mode a chuté à 352 millions de dollars en 2014 contre 2,8 milliards l'année précédente, selon les données Thomson Reuters. L'année précédente avait été marquée par le rachat de Loro Piana par LVMH pour 2,5 milliards de dollars. (Pamela Barbaglia, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)