6 février 2015 / 05:33 / dans 3 ans

LEAD 1-Motion de censure contre le Premier ministre australien

(Actualisé avec réaction de Tony Abbott)

par Wayne Cole

SYDNEY, 6 février (Reuters) - Le Premier ministre australien Tony Abbott, en chute dans les sondages, se soumettra mardi prochain à un vote de révocation réclamé par des députés de sa majorité.

La procédure a été enclenchée vendredi par Luke Simkins, élu du Parti libéral d‘Abbott à la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement.

Dans un courrier adressé aux autres parlementaires de la majorité, et révélé par l‘Australian Broadcasting Corporation, il dit être “inondé de messages” de ses administrés qui le pressent de questions sur la direction suivie par le gouvernement. Simkins a donc déposé une motion de censure contre Abbott.

Le chef du gouvernement, au pouvoir depuis septembre 2013, a annoncé à la presse qu‘il se battrait pour mettre les frondeurs en échec.

“Nous ne sommes pas le Parti travailliste et nous ne reproduirons pas le chaos et l‘instabilité des années travaillistes”, a-t-il dit dans une déclaration à la presse, allusion aux crises internes à répétition qui ont conduit à la défaite du Parti travailliste.

Tony Abbott a ajouté qu‘il s‘était entretenu avec la numéro deux du parti et ministre des Affaires étrangères, Julie Bishop. “Nous serons unis pour mettre en échec cette motion (...) et pour voter en faveur de la stabilité et de l‘équipe que le peuple a porté au pouvoir lors des élections (de septembre 2013”, a-t-il poursuivi.

Cité par le Sydney Morning Herald, le chef du groupe libéral au Parlement, Philip Ruddock, avait indiqué auparavant que le vote de la motion serait inscrite à l‘ordre du jour de la réunion du Parti libéral mardi prochain à Canberra.

Seize mois après son investiture, Abbott est confronté aux difficultés économiques liées à la chute des prix des matières premières.

Sa popularité, tombée à 27%, a aussi pâti de ses dérapages verbaux et de sa décision très controversée de remettre une distinction honorifique au prince Philip, l‘époux de la reine Elizabeth II d‘Angleterre, élevé au rang de chevalier de l‘Ordre de l‘Australie le jour de la fête nationale du pays.

Les républicains australiens y ont vu une insulte, le leader travailliste Bill Shorten a jugé que “décerner un titre de chevalier à la famille royale anglaise était un saut dans le passé”.

“L‘affaire de ce titre de chevalier a été pour nombre de personnes la preuve ultime d‘une déconnexion entre le gouvernement et le peuple”, écrit Luke Simkins.

La gifle infligée le week-end dernier par le Parti travailliste aux libéraux lors de l‘élection régionale dans le Queensland n‘a pas arrangé les affaires du Premier ministre.

Pour aboutir au renvoi d‘Abbott, la motion devra obtenir les voix d‘au moins 52 des 102 cadres fédéraux du Parti libéral appelés à voter à bulletins secrets.

Si Abbott est mis en minorité, il sera, après les travaillistes Kevin Rudd et Julia Gillard, le troisième Premier ministre australien à être limogé à la suite d‘une fronde parlementaire depuis 2010.

Aucun de ses ministres ne s‘est officiellement déclaré pour l‘heure mais les médias australiens estiment que le ministre des Communications Malcolm Turnbull pourrait briguer sa succession. Julie Bishop est également pressentie, même si elle semble s‘être ralliée à Abbott. (avec Lincoln Feast; Henri-Pierre André pour le service français)

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