La direction de Petrobras démissionne en raison du scandale

mercredi 4 février 2015 15h11
 

RIO DE JANEIRO, 4 février (Reuters) - La directrice générale de Petrobras, Maria das Graças Foster, et cinq autres membres de l'équipe dirigeante de la compagnie pétrolière brésilienne au centre d'un scandale de corruption ont démissionné mercredi.

Le conseil d'administration se réunira vendredi pour élire une nouvelle équipe, fait savoir Petrobras dans un document boursier.

Les investisseurs ont bien accueilli le changement de direction puisque le titre gagne 6% dans les premiers échanges à la Bourse de Sao Paulo. Il avait bondi mardi de 15% suite à un article de presse annonçant la décision de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, d'écarter Maria das Graças Foster de la direction du groupe contrôlé par l'Etat.

La pression était grande sur Dilma Rousseff tant la réputation de Petrobras a souffert du scandale, qui a entraîné l'arrestation de trois anciens dirigeants de la compagnie pétrolière.

La police dit avoir découvert tout un système de corruption et de détournement de fonds au profit présumé de plusieurs formations politiques, dont le Parti des travailleurs de Dilma Rousseff, qui fut présidente du conseil d'administration de Petrobras de 2003 à 2010.

Selon les autorités, les sommes détournées des caisses de Petrobras atteindraient au moins 3,7 milliards de dollars et pourraient même dépasser 28 milliards de dollars.

Petrobras a cité la semaine dernière le scandale comme l'un des facteurs expliquant une chute nette de 61,4 milliards de reais (20 milliards d'euros) de la valeur de ses différents actifs comme les raffineries et les plates-formes pétrolières.

Maria das Graças Foster a déclaré que Petrobras allait vendre des actifs, réduire ses investissements et probablement reporter le paiement de son dividende pour redresser sa situation financière.

Petrobras, la plus endettée et la moins rentable des grandes "majors" du pétrole, ne peut plus lever de fonds sur les marchés internationaux des capitaux faute d'états financiers chiffrant précisément les retombées du scandale. (Jeb Blount; Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison)