February 4, 2015 / 11:09 AM / 2 years ago

LEAD 5-La Grèce plaide sa cause à la BCE, l'Allemagne inflexible

5 MINUTES DE LECTURE

(Actualisé, Varoufakis, §§ 7, 8)

par John O'Donnell et Jan Strupczewski

FRANCFORT/BRUXELLES, 4 février (Reuters) - La Grèce a demandé mercredi à la Banque centrale européenne (BCE) de continuer à soutenir ses banques pendant les négociations sur sa dette avec ses partenaires de la zone euro mais l'Allemagne a rejeté toute remise en cause de la politique d'austérité.

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a rencontré à Francfort Mario Draghi, le président de la BCE, et s'est ensuite déclaré convaincu que son pays pouvait compter sur le soutien de la banque centrale pendant la courte période nécessaire selon lui pour mener à bien les discussions avec les créanciers internationaux.

Des sources bancaires ont déclaré à Reuters que des principales banques grecques avaient déjà fait appel au mécanisme de fourniture de liquidité d'urgence de la BCE pour compenser la baisse de leurs dépôts.

Athènes souhaite que ce guichet reste ouvert car sa fermeture risquerait de contraindre des banques à la cessation de paiement.

"La BCE est la banque centrale de la Grèce (...) La BCE fera tout ce qu'il faut pour soutenir les Etats membres de la zone euro", a dit Yanis Varoufakis à Reuters.

"Je n'ai aucun doute sur le fait que nous pouvons faire aboutir nos discussions avec nos partenaires européens, ainsi qu'avec le FMI et la BCE, dans un délai très court afin de pouvoir faire redémarrer l'économie grecque", a-t-il également déclaré.

Interrogé ensuite par la chaîne de télévision allemande ARD, Yanis Varoufakis, qui verra jeudi son homologue allemand Wolfgang Schäuble, a dit sa certitude que l'Allemagne "affichera sa solidarité" avec son pays.

"Je suis sûr (...) que le Dr Schäuble, Mme Merkel et tout le monde en Allemagne marqueront leur solidarité", a-t-il dit.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, lui, a poursuivi sa tournée européenne, rencontrant successivement mercredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et celui du Conseil européen, Donald Tusk, à Bruxelles, puis le président français François Hollande à Paris.

"Nous devons mener des réformes en Grèce pour que notre pays devienne crédible", a-t-il dit au palais de l'Elysée.

"Nous voulons proposer des solutions qui pourront être mutuellement acceptables", a-t-il aussi assuré. "La dette doit devenir viable, je suis persuadé que nous pouvons tous travailler en commun."

"L'EUROGROUPE A BESOIN D'UN ENGAGEMENT CLAIR", SELON BERLIN

De son côté, François Hollande a estimé que le dialogue entre la Grèce et ses partenaires devait se dérouler "dans la transparence, la sérénité avec la volonté de déboucher sur un accord".

Mais selon un document élaboré par Berlin que s'est procuré Reuters, l'Allemagne veut qu'Athènes renonce à certaines de ses promesses de campagne pour renouer avec la politique économique sur laquelle le précédent gouvernement s'était engagé auprès des créanciers internationaux.

Parmi ces promesses figure entre autres le relèvement du salaire minimum, l'arrêt de certaines privatisations impopulaires, la réintégration de fonctionnaires licenciés ou le retour à la prime de Noël pour les retraités les plus pauvres.

"L'Eurogroupe a besoin d'un engagement clair et rapide de la Grèce à assurer la mise en oeuvre intégrale des réformes clés nécessaires pour maintenir le programme en place", explique le document allemand.

Sans le soutien de la BCE et de ses créanciers, la Grèce pourrait rapidement replonger dans une crise financière grave susceptible de la contraindre à sortir de la zone euro.

Athènes n'a pour l'instant aucun besoin de financement urgent - la première émission de bons du Trésor depuis les élections s'est déroulé sans difficulté mercredi - mais quelque 10 milliards d'euros de dettes arriveront à échéance cet été.

Le Conseil des gouverneurs de la BCE devait se réunir en fin de journée mercredi pour débattre du maintien de l'assistance d'urgence aux banques grecques, liée en principe à l'existence d'un programme d'aide ou de négociations sur un tel programme.

La BCE souhaite qu'Athènes ait conclu un accord provisoire avec l'Eurogroupe avant la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro, prévue le 16 février, a déclaré la source au sein de la banque centrale.

Yanis Varoufakis a jusqu'à présent déclaré que son pays n'entendait pas prolonger le programme d'aide qui expire le 28 février.

Il a toutefois évoqué la possibilité d'échanger les obligations d'Etat détenues par la BCE et les pays de la zone euro contre des titres dont les intérêts seraient indexés sur la croissance économique ou contre des obligations perpétuelles.

Cette hypothèse a été bien accueillie par les marchés financiers, qui craignent surtout un effacement même partiel des créances, mais elle suscite plus de scepticisme auprès des responsables de la zone euro. (Avec Elizabeth Pineau et Ingrid Melander à Paris; Marc Angrand et Guy Kerivel pour le service français)

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