February 2, 2015 / 7:39 PM / 2 years ago

LEAD 1-Obama dévoile un budget axé sur la défense des classes moyennes

5 MINUTES DE LECTURE

(Actualisé avec déclarations d'Obama, Boehner)

par Jeff Mason

WASHINGTON, 2 février (Reuters) - Barack Obama a présenté lundi son budget pour l'année fiscale 2016, un projet à 3.990 milliards de dollars marqué par une série de mesures de soutien aux classes moyennes qui promet d'âpres batailles au Congrès avec la majorité républicaine.

Le texte prévoit un déficit de 474 milliards de dollars, soit 2,5% du produit intérieur brut (PIB), et le maintien du déficit à ce taux pendant les dix prochaines années.

Il reprend les propositions lancées par le président des Etats-Unis lors de son discours sur l'état de l'Union le 20 janvier, dans lequel il appelait à taxer davantage les entreprises et les riches Américains pour aider les classes moyennes.

Le projet permet ainsi au Parti démocrate d'afficher ses priorités pour la dernière partie de mandat de Barack Obama, dans la perspective de la campagne pour la présidentielle de 2016.

"Je sais qu'il y a des républicains dont l'approche diverge. Et je l'ai déjà dit, s'ils ont d'autres idées pour que l'Amérique reste sûre, que notre économie progresse tout en soutenant les classes moyennes afin qu'elles ressentent une forme de sécurité économique, j'attends leurs propositions", a déclaré le président américain.

"Mais leurs propositions doivent avoir un sens. Et ce que nous ne pouvons pas faire, c'est jouer un petit jeu politicien au détriment de la sécurité économique des citoyens ou de notre sécurité nationale", a-t-il dit.

Le président américain s'exprimait dans les locaux du département de la Sécurité intérieure, un geste symbolique adressé aux républicains afin qu'ils acceptent de financer l'administration chargée de mettre en oeuvre sa très controversée réforme de l'immigration.

"Cela lui donne l'occasion de comparer sa vision (...) avec l'approche du Congrès qui tend à exacerber les inégalités, ignorer les classes moyennes et alourdir encore le fardeau de ceux qui voudraient les intégrer", renchérit Neera Tanden, présidente du Center for American Progress, un institut qui a des liens étroits avec la Maison blanche.

Les républicains, majoritaires dans les deux chambres du Congrès depuis les élections de mi-mandat en novembre, voient des possibilités de compromis dans des domaines comme la réforme fiscale ou les infrastructures mais de nombreux programmes voulus par Obama, et dévoilés par avance ces dernières semaines, sont rejetés par le Grand Old Party.

Taxer Les bénéfices à L'étranger

"Aujourd'hui, le président Obama a présenté un plan visant à augmenter les impôts, à augmenter les dépenses et à augmenter l'emprise de Washington qui a tant failli à l'égard des classes moyennes", a commenté le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner.

Le budget s'inscrit dans une trajectoire de réduction du déficit budgétaire de quelque 1.800 milliards de dollars sur dix ans grâce à des réformes de la santé, des impôts ou de l'immigration, sous réserve donc qu'elles soient validées telles quelles par les républicains, ce qui paraît peu probable.

Les élus de l'opposition ont ainsi bloqué la réforme de la législation sur l'immigration à la Chambre des représentants.

L'administration projette également une poursuite de la baisse du taux de chômage, qu'il prévoit à 5,4% pour 2015, contre 5,6% actuellement.

Le budget propose aussi de créer une nouvelle banque pour financer les infrastructures, de consacrer 6% de l'enveloppe globale à la recherche-développement et d'entreprendre un regroupement des agences gouvernementales qui fait polémique.

Le texte prévoit aussi d'allouer 14 milliards de dollars au renforcement de la sécurité informatique et 7,4 milliards de dollars au financement de technologies à énergie propre.

Il préconise l'instauration d'une taxe exceptionnelle de 14% sur les bénéfices conservés par les entreprises américaines hors des Etats-Unis, et qui sont estimés à plus de 2.100 milliards de dollars, et d'une taxe de 19% sur les futurs profits de ces entreprises à l'étranger.

Barack Obama propose encore une hausse de 7% des dépenses d'infrastructure et de défense, au-delà des plafonds fixés par le Congrès, ce qui mettrait un terme à la pratique dite du "séquestre", appellation qui regroupe des coupes automatiques dans les dépenses budgétaires en cas de dépassement d'un plafond prédéfini.

En politique étrangère, le budget prévoit de financer la lutte contre l'Etat islamique et l'aide aux pays membres de l'Otan face à la Russie.

Il réclame notamment l'octroi d'une ligne de crédits de 8,8 milliards de dollars pour combattre les djihadistes, soutenir l'armée irakienne et renforcer l'opposition syrienne modérée. (Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame pour le service français)

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