Tsipras exclut de se tourner vers Moscou pour obtenir de l'aide

lundi 2 février 2015 11h43
 

NICOSIE, 2 février (Reuters) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a exclu lundi que son gouvernement se tourne vers la Russie pour obtenir une aide financière.

"Nous sommes engagés dans d'importantes négociations avec nos partenaires européens et tous ceux qui nous ont accordé des prêts. Nous avons des obligations envers eux", a-t-il dit lors d'une conférence de presse, en réponse à une question sur la proposition de Moscou d'aider la Grèce.

"Actuellement, nous n'envisageons rien d'autre", a dit Tsipras. Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, avait déclaré jeudi dernier que la Russie envisagerait d'accorder une aide financière à la Grèce si celle-ci lui en faisait la demande.

Alexis Tsipras, qui effectuait lundi à Nicosie son premier déplacement à l'étranger en tant que Premier ministre, a estimé d'autre part que remplacer la troïka serait une avancée institutionnelle importante à la fois pour la Grèce et pour l'Union européenne.

Cette troïka, constituée de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne et du Fonds monétaire international (FMI), a été formée pour gérer l'aide financière accordée à la Grèce ces dernières années dans le cadre d'un plan d'aide international.

Alexis Tsipras, figure de proue du parti Syriza (gauche radicale anti-austérité), a jugé qu'un tel remplacement était nécessaire et serait un signe de maturité de l'UE.

"Je crois que ce serait une décision mûre et nécessaire pour l'Europe", a-t-il dit.

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis avait déclaré quant à lui la semaine dernière que le nouveau gouvernement grec n'envisageait pas de coopérer avec la mission de la troïka.

Alexis Tsipras a également exclu que son pays sorte de la zone euro. "L'UE et la zone euro seraient privés de leur flanc sud-est sans la Grèce et Chypre", a-t-il expliqué à Nicosie. (Eric Faye pour le service français)