LEAD 1-Le nom du nouveau président italien devrait être connu samedi

vendredi 30 janvier 2015 23h21
 

(Avec résultat du troisième tour)

ROME, 30 janvier (Reuters) - Sans surprise, les 1.009 grands électeurs italiens ne sont pas parvenus vendredi, au deuxième et troisième tours de scrutin, à se mettre d'accord sur le nom du prochain président de la République après la démission de Giorgio Napolitano.

Au quatrième tour, samedi matin, la majorité simple, soit 505 voix, suffira et le président du Conseil Matteo Renzi ne doute pas de la victoire de son candidat, Sergio Mattarella, un magistrat de 73 ans qui siège à la Cour constitutionnelle.

La majorité des deux tiers était requise au trois premiers tours.

Le choix de Mattarella a été approuvé à l'unanimité des grands électeurs (parlementaires et représentants des régions) appartenant au Parti démocrate (PD), la formation de centre gauche de Renzi, mais rejeté par Silvio Berlusconi, chef de file de l'opposition de droite.

Ce dernier a accusé le chef du gouvernement d'avoir rompu le pacte qui prévoyait selon lui un accord préalable sur un candidat commun.

En optant pour Mattarella, qui n'a jamais été proche de Berlusconi, Matteo Renzi a pris le risque d'un affrontement politique susceptible de remettre en question les réformes électorales et constitutionnelles pour lesquelles il a besoin du soutien de la droite.

Sur le papier, il devrait avoir suffisamment de voix pour imposer Mattarella mais le vote se déroule à bulletin secret et rien ne peut être garanti dans un climat d'intrigues qui n'a rien à envier à celui des conclaves au Vatican, de l'autre côté du Tibre.

Si le chef du gouvernement n'arrive pas à faire élire son champion au quatrième ou au cinquième tour, ce serait un grave revers mettant en cause son autorité, et qui pourrait aussi menacer l'accord conclu avec Silvio Berlusconi sur les réformes électorales et constitutionnelles.

Agé de 89 ans, le président Giorgio Napolitano a annoncé le 14 janvier qu'il n'irait pas au bout de son deuxième mandat. Dans ses voeux au pays le 31 décembre, il a expliqué que son âge rendait de plus en plus difficile l'exercice de ses fonctions.

Même si ses fonctions sont principalement honorifiques, le président de la République italienne nomme le président du Conseil, peut dissoudre le Parlement et peut opposer son veto à certains textes de loi. (Steve Scherer et Paolo Biondi, Guy Kerivel pour le service français)