** LE POINT SUR LES MARCHÉS à la clôture en Europe **

mardi 27 janvier 2015 18h23
 

PARIS, 27 janvier (Reuters) - Des résultats en demi-teinte de sociétés
telles que Siemens, Philips et Ericsson et
l'inconfort créé par l'issue des élections grecques de dimanche ont stoppé mardi
l'élan des Bourses européennes, qui ressortaient de huit séances d'affilée dans
le vert.
    Les investisseurs craignent que le nouveau gouvernement grec ne rentre en
conflit avec l'Union européenne sur les modalités de l'aide à apporter encore à
Athènes. De fait, le nouveau Premier ministre Alexis Tsipras, dont le parti de
gauche Syriza a remporté comme prévu les législatives de dimanche, a dévoilé
mardi un gouvernement composé essentiellement d'adversaires de longue date des
mesures d'austérité imposées à la Grèce par ses créanciers internationaux.
 
    Dans le même temps, Wall Street est en forte baisse, dans le sillage de
résultats et de perspectives de sociétés décevants, à l'image de Microsoft
 et de Caterpillar, et d'indicateurs économiques donnant une
image contrastée de la situation économique des Etats-Unis. 
 
    Si la confiance du consommateur n'a jamais été aussi forte depuis août 2007
et si les ventes de logements ont bondi de près de 12%, les commandes de biens
durables ont elles encore diminué le mois dernier, tandis que, dans le secteur
des services, la croissance est présente mais celle des nouveaux contrats n'a
jamais été aussi faible depuis plus de cinq ans.  
  
    À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 50,92 points, soit 1,09%, 
à 4.624,21 points. Le Footsie britannique a laissé 0,6% et le Dax
allemand 1,57%, tandis que l'indice EuroStoxx 50 a
abandonné 1,22% et le FTSEurofirst 300 0,81%.
    La Bourse d'Athènes a sous-performé pour la deuxième journée
d'affilée, rétrogradant encore de 3,7% après son recul de 3,2% lundi. L'indice
des bancaires grecques a chuté lui aussi pour la deuxième séance
consécutive, cédant 11,7% après avoir inscrit de nouveaux plus bas records en
séance. 
    Plusieurs banques grecques accusent les pertes les plus sensibles au sein
des indices FTSEurofirst 300 et Stoxx 600, pertes variant de 13% à plus de 10%.
     A l'inverse, la Bourse suisse s'est distinguée par un gain de
1,28%, portée par une baisse du franc qui, de l'avis des cambistes, est
entretenue par des interventions de la Banque nationale suisse (BNS). 
    Tous les indices sectoriels européens ont fini dans le rouge, à l'exception
de celui des sociétés de services aux collectivités qui a engrangé un
gain minime de 0,03%. Pour les autres, les pertes varient de 0,90% à 2,32%, les
valeurs cycliques en particulier souffrant des nouvelles incertitudes nées des
élections grecques et des contreperformances économiques de groupes tels que
Siemens.
    Confrontés à ce contexte chahuté, les investisseurs divergent quant à leur
appréciation de l'évolution des places européennes. Gary Paulin (Aviate Global)
est d'avis de continuer à acheter, ne serait-ce que par le soutien apporté par
la Banque centrale européenne (BCE) avec son programme d'assouplissement
quantitatif (QE) annoncé jeudi dernier.
    Au contraire, Ion-Marc Valahu (Clarinvest) affirme "profiter des rallies
pour réduire l'exposition aux actions".
    Aux valeurs, Philips, avec une perte de près de 6%, a accusé le plus fort
recul de l'indice EuroStoxx 50. Le groupe néerlandais a publié un bénéfice
trimestriel conforme aux attentes mais s'attend à une hausse de ses charges de
restructuration cette année et à manquer ses objectifs pour l'année 2016.
 
    Siemens lui a annoncé des résultats trimestriels inférieurs aux attentes,
une déception qui accroît la pression sur le président du directoire, Joe
Kaeser, avant l'assemblée générale prévue dans la journée. 
    Son action a cédé 3%, quatrième plus forte baisse de l'EuroStoxx 50. 
    Ericsson a perdu de son côté 3,55% après avoir déclaré s'attendre à voir
persister le ralentissement de ses activités en Amérique du Nord. 
    Sur le marché des changes, l'euro poursuit sa reprise contre le dollar
, certains indicateurs du jour, et notamment les commandes de biens
durables, amenant les cambistes à penser que la Réserve fédérale pourrait
repousser à plus tard qu'on ne le pense une remontée des taux d'intérêt.
    Celle-ci tient une réunion de deux jours et rendra sa décision de politique
monétaire mercredi. 
    La statistique des commandes de biens durables prend toute son importance
dans la perspective de la publication vendredi de la première estimation de la
croissance du quatrième trimestre aux Etats-Unis, événement qui pousse les
cambistes à la prudence et à alléger leurs positions longues et copieusement
garnies ces derniers temps sur le billet vert.
    Ce recul du dollar profite comme de juste aux matières premières comme le
pétrole et, plus modérément, à l'or.  
    Le marché obligataire dans l'ensemble reste modérément affecté par la
situation grecque, en témoignent les très faibles écarts des rendements ce
mardi. Les rendements périphériques sont légèrement en hausse mais les emprunts
eux-mêmes restent soutenus par la perspective du QE de la BCE.
    Comme sur le marché des changes, c'est surtout sur l'issue de la réunion de
la Fed mercredi que l'attention se porte à présent.       
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 

 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)