January 27, 2015 / 11:50 AM / in 2 years

LEAD 4-Eiffage et Vinci vont contester le gel des tarifs autoroutiers

5 MINUTES DE LECTURE

* Les tarifs devaient augmenter de 1,07% en moyenne au 1er février

* Suspension dans l'attente des travaux du groupe de travail parlementaire

* Point d'étape des négociations d'ici fin février

* Vinci, Eiffage et Abertis baissent en Bourse

* L'Asfa menace d'une procédure contentieuse (Actualisé avec réaction d'Eiffage et Vinci)

par Gilles Guillaume

PARIS, 27 janvier (Reuters) - Les concessionnaires autoroutiers Eiffage et Vinci ont annoncé mardi leur intention de contester devant la justice la décision du gouvernement de suspendre la hausse des tarifs des péages prévue au 1er février.

Le Premier ministre Manuel Valls a expliqué ce gel de tarifs, qui devaient augmenter de 1,07% en moyenne, par la nécessité de laisser à un groupe de travail parlementaire le temps d'examiner les discussions en cours entre l'Etat et les concessionnaires.

Eiffage et Vinci ont dégringolé en Bourse après l'annonce de Matignon, clôturant en recul de 6,34% et 3,53% respectivement, tandis qu'à Madrid l'action du concessionnaire Abertis, également exploitant du réseau autoroutier français, a perdu 1,4%.

Ces trois concessionnaires n'étaient pas hostiles à un gel cette année, mais à condition que celui-ci soit compensé par un lissage des hausses sur plusieurs années et qu'il s'inscrive dans le cadre d'un accord global.

"Eiffage a pris connaissance du communiqué de presse du Premier ministre relatif aux tarifs autoroutiers (...) APRR et AREA vont contester sans délai la décision illégale de surseoir à l'application de la hausse des péages prévue contractuellement le 1er février 2015", explique le groupe de BTP dans un communiqué.

De son côté, Pierre Coppey, directeur général délégué de Vinci, a déclaré au micro de RTL que son groupe entendait également contester cette décision.

Une source proche des concessionnaires avait auparavant indiqué à Reuters que les présidents des sociétés d'autoroutes s'étaient réunis dans l'après-midi pour arrêter leur position, ajoutant que si une procédure était engagée, elle le serait devant le Conseil d'Etat.

Rendez-Vous Le 5 février

Le régime des autoroutes fait l'objet depuis plusieurs mois d'un bras de fer entre l'Etat et les concessionnaires. Ceux-ci ont fait plusieurs propositions pour tenter de sortir de la crise, mais Manuel Valls avait promis fin décembre que les élus seraient consultés avant toute décision du gouvernement.

"À ce jour", a fait savoir l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (Asfa), "les sociétés n'ont pas reçu de réponse formelle sur ces propositions. (Elles) regrettent profondément cette décision unilatérale qui décrédibilise de façon durable la signature de l'État pour les contrats de partenariat public-privé et introduit une incertitude pour les entreprises et leurs actionnaires."

La hausse prévue devait permettre de répercuter l'inflation, les investissements et l'augmentation de la redevance domaniale.

Le Premier ministre a indiqué qu'un point d'étape serait fait avec le groupe de travail d'ici la fin février, une mauvaise nouvelle pour les concessionnaires qui espéraient parvenir rapidement à un accord et tourner pour de bon la page.

Manuel Valls a aussi réaffirmé sa détermination à "remettre à plat" les concessions pour rééquilibrer les relations entre l'Etat et les sociétés concessionnaires.

"Les objectifs du gouvernement sont une meilleure régulation des péages afin de préserver le pouvoir d'achat des automobilistes, un encadrement plus strict des profits des sociétés concessionnaires et leur participation accrue au financement des infrastructures de transport du pays", a détaillé Matignon dans son communiqué.

Le groupe de travail parlementaire devra examiner deux scénarios: une renégociation des contrats de concession ou leur résiliation. Le gouvernement a toutefois décidé le 31 décembre de ne pas utiliser cette arme de la résiliation, reportant de facto la menace d'un an.

Le groupe, qui devait initialement comprendre cinq députés socialistes et un député des Verts, a été élargi à l'opposition et aux sénateurs, pour compter désormais 15 membres.

Il se réunira désormais chaque semaine, la prochaine rencontre étant fixée au jeudi 5 février, a précisé à Reuters le député socialiste Olivier Faure, membre du groupe.

* Le communiqué de Matignon :

bit.ly/1y2Xzv9 (Avec Julien Ponthus, Jean-Baptiste Vey, Dominique Rodriguez, édité par Matthias Blamont)

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