ENCADRE-Varoufakis, "économiste par accident" aux Finances de la Grèce

mardi 27 janvier 2015 11h16
 

ATHENES, 27 janvier (Reuters) - Yanis Varoufakis a confirmé mardi qu'il prendrait le portefeuille des Finances dans le nouveau gouvernement qui sera dévoilé dans la journée en Grèce, après la victoire du parti de gauche Syriza aux législatives et la nomination de son leader Alexis Tsipras au poste de Premier ministre.

"C'est prévu aujourd'hui, on prêtera serment dans la journée", a déclaré à la radio irlandaise Newstalk cet universitaire iconoclaste qui se définit lui-même comme un "économiste par accident".

Yanis Varoufakis, qui a 53 ans et possède la double nationalité grecque et australienne, a étudié en Grande-Bretagne et enseigné l'économie en Australie, en Grèce et aux Etats-Unis. Il a récemment quitté son poste à l'Université du Texas pour rejoindre l'équipe de campagne de Tsipras.

Il combat depuis longtemps la gestion de la crise économique par l'Europe qui, dit-il, risque de saper les fondements démocratiques du continent et de faire éclater la zone euro.

Il s'en prend à la théorie économique conventionnelle qui prône rigueur budgétaire et réformes de compétitivité comme réponses à la crise.

Cette recette, expliquait-il récemment sur son blog, éguivaut à un "transfert cynique des pertes bancaires sur les épaules des contribuables les plus faibles".

Yanis Varoufakis a été conseiller de l'ex-Premier ministre socialiste George Papandréou entre 2009 et 2011 et il préconisait alors que la Grèce fasse défaut sur sa dette, qui représentait 146% du produit intérieur brut en 2010 et en représente aujourd'hui 175%.

Dans plusieurs interviews récentes, il a martelé sa détermination à mettre fin au règne des oligarques grecs.

"Nous allons saper les bases sur lesquelles ils ont bâti, décennie après décennie, un système qui pompe sauvagement l'énergie et la puissance économique de tous les autres éléments de la société", promettait-il à l'antenne de Channel Four.

Le style de ce futur ministre au crâne chauve et au verbe coloré, qui porte jean et chemises aux couleurs vives et a travaillé pour une société de jeux vidéo, devrait trancher avec celui de ses collègues européens plus grisonnants.

"En tant que prochain ministre des Finances, je peux vous assurer que je n'irai pas à l'Eurogroupe pour chercher une solution qui serait bonne pour le contribuable grec mais mauvaise pour le contribuable irlandais, slovaque, allemand, français ou italien", a-t-il promis mardi au micro de Newstalk. (Padraic Halpin et Renee Maltezou, Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Marc Angrand)