22 janvier 2015 / 15:48 / il y a 3 ans

LEAD 2-Air France va supprimer 800 postes supplémentaires

* La concurrence des compagnies à bas coûts et du Golfe pèse

* Résultat d'exploitation 2015 visé à plus de E250 mlns-syndicats

* Air France vise 80% de lignes long courrier rentables en 2017 (Actualisé avec réactions de la CFDT et du SNPL, cours)

par Cyril Altmeyer

PARIS, 22 janvier (Reuters) - Air France a annoncé jeudi son intention de supprimer 800 postes et de faire des économies supplémentaires afin de mieux résister à la concurrence de plus en plus farouche des compagnies à bas coûts et du Golfe.

Même si Air France devrait bénéficier cette année d'une diminution de sa facture de carburant grâce à la baisse du pétrole, elle est confrontée depuis l'été à une détérioration de ses recettes qui va la conduire à revoir à la baisse la croissance de sa flotte d'appareils, à améliorer sa productivité et à poursuivre sa politique de modération salariale.

Air France a déjà supprimé quelque 8.000 emplois depuis trois ans dans le cadre du plan de restructuration "Transform 2015" du groupe Air France-KLM.

Les mesures, annoncées jeudi lors d'un comité central d'entreprise (CCE), ne concernent qu'Air France et ses filiales et non le groupe Air France-KLM, dont les objectifs restent inchangés, a précisé la compagnie dans un communiqué.

Lors du CCE, la direction a précisé viser un résultat d'exploitation de plus de 250 millions d'euros en 2015 et de plus de 700 millions en 2017 pour Air France, a-t-on appris de sources syndicales.

"La direction d'Air France présentera lors d'un CCE (comité central d'entreprise) se tenant dans la première quinzaine de février des projets de plans de départs volontaires personnels au sol et personnels de cabine, dont l'ampleur serait de l'ordre de 800 postes", a précisé la compagnie, confirmant les chiffres communiqués par des syndicats à Reuters.

Sur ces 800 postes, 500 seraient supprimés au sol et 300 au sein du personnel navigant commercial (PNC), c'est-à-dire les hôtesses et stewards, ont précisé plusieurs représentants syndicaux, disant s'attendre à d'autres précisions lors du CCE prévu le 5 février.

Dans un communiqué, la CFDT s'est dit "nullement convaincue" par la pertinence de ce plan et de son calendrier.

"Il est à craindre que les efforts soient encore une fois fournis majoritairement par les personnels au sol et les PNC, ce que la CFDT ne saurait accepter", explique le syndicat.

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) a rétorqué qu'un plan de départs volontaires chez les pilotes serait aussi déstabilisant que coûteux pour la compagnie.

"La compagnie s'est enfin rendue que compte que le sureffectif des pilotes était virtuel", a argué Emmanuel Mistrali, porte-parole du SNPL d'Air France.

Le SNPL, à l'origine d'une grève historique qui a coûté plus de 400 millions d'euros à la compagnie en septembre 2014, estime qu'il faudrait en priorité réaffecter des pilotes des lignes moyen-courrier, en sureffectif, à des lignes long-courrier, a-t-il ajouté.

L'objectif d'Air France est d'avoir 80% de ses lignes long courrier rentables en 2017 contre 50% seulement actuellement alors que chez KLM la proportion est déjà de 82%, soulignent les syndicats, qui redoutent que la compagnie régionale Hop, le pôle de restauration Servair et l'activité fret soient également touchés par le plan.

Comme Lufthansa ou British Airways (groupe IAG ), Air France et KLM voient leurs vols de moins de trois heures de plus en plus attaqués par les trains à grande vitesse, progressivement ouverts à la concurrence en Europe.

UN CLIMAT SOCIAL TOUJOURS TENDU

Les compagnies "low cost" comme Easyjet, beaucoup plus flexibles, augmentent leurs capacités sur le moyen-courrier et des géants du Golfe comme Emirates et Qatar Airways rognent le lucratif marché du long-courrier pour lequel elles achètent massivement des avions à Airbus et Boeing.

"Cette troisième vague de réduction d'effectifs va devoir aller chercher des leviers plus compliqués, car on peut imaginer que les économies importantes et facilement accessibles ont déjà été réalisées", souligne Stéphane Albernhe, cofondateur du cabinet de conseil Archery Strategy Consulting.

Ceci d'autant que le climat social au sein de la compagnie reste assez tendu depuis la grève des pilotes d'Air France de septembre 2014 qui portait sur le développement de la compagnie "low cost" Transavia en Europe.

Les autres catégories de personnel d'Air France, qui ont dû accepter le gel des salaires et des concessions sur les conditions de travail depuis trois ans, risquent de se montrer réticentes à de nouveaux sacrifices alors même que la grève des pilotes avait ravivé les divisions.

Des économies pourraient porter par exemple sur l'activité d'assistance en escale en province d'Air France et dans les sièges des deux compagnies, notamment dans le marketing.

Malgré ses difficultés, le numéro deux du transport aérien en Europe n'aura pas besoin d'augmentation de capital dans l'immédiat car il génèrera du cash flow cette année, souligne une source proche du groupe interrogée récemment par Reuters.

Le groupe pourrait cependant y recourir dans quelque temps pour financer sa croissance dans le long-courrier, des acquisitions dans la maintenance et la montée en puissance de sa filiale "low cost" Transavia, avait ajouté la même source.

L'action Air France-KLM a clôturé sur une progression de 0,95% à 7,865 euros.

* Communiqué :

bit.ly/15vLyXk (Avec Jean-Michel Bélot, édité par Matthieu Protard)

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