21 janvier 2015 / 15:24 / il y a 3 ans

ENCADRE-Les attentes des marchés sur un programme de QE de la BCE

LONDRES, 21 janvier (Reuters) - L‘annonce du lancement d‘un programme d‘assouplissement quantitatif passant par des achats d‘obligations d‘Etat de la zone euro par la Banque centrale européenne (BCE) à l‘issue de la réunion de son conseil des gouverneurs est largement anticipée par les intervenants sur les marchés financiers.

Vous trouverez ci-dessous un récapitulatif des principales questions en suspens :

* PROBABILITÉ D‘UNE ANNONCE

Les économistes interrogés par Reuters estiment que la probabilité de l‘annonce par la BCE d‘un programme d‘assouplissement quantitatif est de 70%, un peu moins que celle de 90% attribuée par les opérateurs du marché monétaire.

Les rendements des emprunts des Etats de la zone euro bénéficiant du “triple A”, la meilleure note délivrée par les agences de notation, sont passés en territoire négatif pour les maturités allant jusqu‘à six ans, ce qui traduit les anticipations d‘achats massifs par la BCE à brève échéance.

A l‘exception notable d‘Ewald Nowotny, les responsables monétaires de la BCE n‘ont pas cherché à tempérer les attentes des marchés et toute déception risque de provoquer de fortes turbulences, en particulier à l‘approche des élections législatives en Grèce prévues dimanche, qui ont ravivé les craintes sur l‘avenir de la zone euro.

Ewald Nowotny, gouverneur de la Banque d‘Autriche et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a appelé mercredi investisseurs et responsables politiques à ne pas accorder une importance démesurée à la réunion de la BCE de jeudi et à se concentrer sur le long terme.

* TAILLE DU PROGRAMME

Les opérateurs du marché monétaire interrogés par Reuters s‘attendent à l‘annonce d‘un programme d‘achats d‘obligations d‘Etat de la zone euro portant sur 600 milliards d‘euros.

Un montant inférieur ou au contraire sensiblement supérieur pourrait entraîner de forts décalages à la hausse et a contrario à la baisse des rendements. Un montant de ”500 milliards sera un peu décevant (...et) 1.000 milliards sera haussier, a dit mercredi Anshu Jain, l‘un des deux coprésidents du directoire de la Deutsche Bank.

Le directoire de la BCE a proposé au Conseil des gouverneurs de lancer un programme d‘achats d‘obligations d‘un montant de 50 milliards d‘euros pendant un an au minimum, rapporte mercredi le Wall Street Journal.

Les investisseurs estiment qu‘un programme de 600 milliards d‘euros ne sera pas suffisant pour ramener la hausse des prix vers l‘objectif de la BCE d‘une inflation inférieure à mais proche de 2% à moyen terme.

Les anticipations d‘inflation à long terme, telles qu‘elles ressortent des swaps d‘inflation à cinq ans dans cinq ans , particulièrement suivis par la BCE, sont tombées la semaine dernière à des plus bas records, soulignant le scepticisme des investisseurs sur l‘efficacité de l‘assouplissement quantitatif.

Un programme nettement supérieur aux attentes, à l‘instar de celui annoncé en octobre par la Banque du Japon, voire illimité dans le temps comme dans son montant, favoriserait les achats de dette périphériques et la réduction des spreads de rendement vis à-à-vis des Bunds allemands.

Graphique sur la taille comparée des bilans des grandes banques centrales : link.reuters.com/fus62t

* PARTAGE DES RISQUES

Les modalités de mise en oeuvre d‘un éventuel programme d‘achat de titres souverains sont aussi source d‘incertitude, notamment en ce qui concerne le partage des risques entre la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales.

De nombreux observateurs craignent que l‘absence de mutualisation des risques à l‘échelle européenne ne limite l‘efficacité du programme d‘achats de la BCE.

Si les banques centrales nationales étaient seules à acheter la dette de leur propre pays à leurs risques et périls, le risque de défaut souverain ne figurerait alors que sur leur seul bilan, une solution présentée comme une réponse possible aux réticences de l‘Allemagne à une mutualisation des risques, dont elle pourrait faire les frais.

* EXCLUSION DE CERTAINS PAYS

La possibilité d‘une exclusion de la dette grecque d‘un éventuel programme d‘assouplissement quantitatif a été évoquée en raison des élections législatives en Grèce du 25 janvier, dont les résultats pourraient conduire Athènes à renégocier sa dette avec ses créanciers internationaux au risque d‘ouvrir une nouvelle crise.

Une telle exclusion pourrait toutefois entraîner une envolée des taux de marché sur la dette grecque à des niveaux insoutenables, menaçant Athènes d‘un défaut. Les marchés de taux et d‘actions grecs pourraient alors être plus volatils encore avant l‘issue du scrutin de dimanche.

* POSITIONNEMENT DES INVESTISSEURS

Les investisseurs se sont positionnés à l‘achat sur les dettes souveraines de la zone euro, toutes qualités de signature confondues, poussant les rendements à des plus bas records, ceux des titres à court terme les mieux notés plongeant plus avant en territoire négatif.

Sur le marché des changes, la position nette non commerciale à terme ouverte sur l‘euro se situe à des niveaux proches de ceux qui prévalaient au plus fort de la crise des dettes souveraines de la zone euro en 2012, en raison des anticipations d‘un nouvel accès de faiblesse de la devise européenne.

La monnaie unique, qui se traitait mercredi un peu au-dessus de 1,16 dollar est tombée la semaine dernière à son plus bas niveau depuis 11 ans à 1,14595. (Emelia Sithole Matarise, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below