La BCE ne résoudra pas tous les problèmes de la Grèce-ministre

mardi 20 janvier 2015 20h40
 

ATHENES, 20 janvier (Reuters) - Le lancement éventuel par la Banque centrale européenne d'un plan d'achats d'obligations d'Etat serait une bonne chose pour l'économie de la Grèce mais ne résoudrait pas pour autant ses problèmes de liquidités, a déclaré mardi le ministre grec des Finances, Gikas Hardouvelis.

Les marchés financiers s'attendent à ce que la BCE annonce jeudi un projet d'"assouplissement quantitatif" (quantitative easing, QE) incluant des achats massifs de dette souveraine, pour endiguer le risque de déflation dans la zone euro et tenter de relancer l'économie de la région.

Mais il n'est pas certain que la Grèce serait incluse dans le dispositif, ses notes souveraines basses et les doutes sur le respect du plan de sauvetage par le gouvernement issu des élections de dimanche prochain risquant de l'en exclure.

Les enquêtes d'opinion donnent le parti de gauche anti-austérité Syriza en tête pour le scrutin de dimanche. Et les craintes d'une remise en cause des accords conclus avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) ont poussé ces derniers jours les Grecs à retirer leur argent des banques, posant à ces dernières des problèmes de liquidités.

"Un programme d'assouplissement quantitatif n'est pas suffisant à lui seul pour résoudre les problèmes de liquidités de l'économie grecque", a dit Gikas Hardouvelis au cours d'une conférence économique.

"Mais c'est un outil de plus en matière de mise en oeuvre de la politique monétaire, pour soutenir la liquidité et la demande de biens et de services."

Si le montant du QE de la BCE atteignait 550 milliards d'euros, la Grèce pourrait bénéficier de 15,9 milliards d'achats d'obligations d'Etat, a-t-il ajouté.

"Nous sommes, en théorie et en pratique, le bénéficiaire idéal de ce programme d'assouplissement quantitatif", a-t-il poursuivi en rappelant que la Grèce avait à la fois la dette la plus lourde et la déflation la plus marquée d'Europe.

"Aucune condition supplémentaire ne doit être imposée, comme par exemple la note souveraine du pays", a-t-il prévenu.

(Marc Angrand pour le service français)