Les banques françaises resteront sous pression en 2015-S&P

mercredi 14 janvier 2015 13h32
 

PARIS, 14 janvier (Reuters) - Les banques françaises resteront sous pression cette année, contraintes par un environnement économique toujours difficile et par une réglementation croissante, estime Standard & Poor's.

L'agence de notation a placé ces derniers mois les notes de crédit des grandes banques françaises sous surveillance négative, notamment pour tenir compte du fait que les mécanismes de résolution européens vont faire porter davantage de risques aux investisseurs et non aux seuls Etats.

S&P note que la progression du produit intérieur brut en France devrait rester inférieure à 1% en 2015, une configuration de nature à plomber les perspectives de revenus et de rentabilité des activités de banque de détail.

"Les banques françaises ont passé avec succès les tests de résistance (stress tests) de la Banque centrale européenne et ont renforcé leurs ratios de capitaux en 2014", a souligné mercredi Nicolas Malaterre, directeur senior chez S&P en charge des banques, au cours de la conférence annuelle de l'agence de notation.

"Mais avec la mise en place des mécanismes de résolution, lesquels ouvrent la voie à l'Union bancaire, les investisseurs qui détiennent de la dette bancaire sont davantage exposés à un risque de défaut", a-t-il ajouté, une problématique qui touche également les autres banques de la zone euro.

Avant de prendre en charge la supervision directe des quelque 130 banques les plus importantes de la zone euro début novembre, la BCE s'est livrée pendant plusieurs mois à une revue de la qualité de leurs actifs et à une série de tests en vue de déterminer l'état de leurs risques et leur capacité à résister à de nouveaux chocs financiers. et

En France, ces deux exercices conjoints ont été menés auprès de 13 établissements représentant 95% des actifs du secteur, dont les sept grands réseaux que sont BNP Paribas, la Banque postale, BPCE-Natixis, le Crédit agricole, le Crédit mutuel, HSBC France et la Société générale.

Les pays européens s'emploient désormais à déterminer le calibrage exact du mécanisme de résolution unique (MRU), abondé par les banques et destiné à éviter que les contribuables soient sollicités si une banque devait faire faillite, un risque potentiel pour les détenteurs de dette bancaire selon S&P.

S'ajoutent pour les plus grandes banques systémiques, dont les principales banques françaises font partie, la mise en oeuvre du "TLAC" (total loss absorbing capacity) dont les principes ont été définis par le Conseil de stabilité financière. Cette nouvelle réglementation imposera aux banques des capitaux supplémentaires à partir de 2019 et pourrait les obliger à émettre de la dette nouvelle.

S&P attribue à BNP Paribas la note de long terme "A+", à Société générale la note "A", et à Crédit agricole la note "A-". (Matthias Blamont, édité par Dominique Rodriguez)