LEAD 2-Moscou temporise sur le remboursement d'un prêt à l'Ukraine

samedi 10 janvier 2015 13h08
 

(Actualisé tout du long)

MOSCOU, 10 janvier (Reuters) - L'Ukraine n'a pas respecté les termes du prêt de trois milliards de dollars que lui a consenti la Russie mais Moscou n'a pas encore décidé d'exiger un remboursement anticipé de cette créance, a indiqué le ministre russe des Finances, samedi.

La Russie a acheté des euro-obligations ukrainiennes en décembre 2013, deux mois avant que le président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch soit contraint de s'enfuir face à des manifestations sanglantes à Kiev.

Les termes de l'accord prévoyaient que le total de la dette publique de l'Ukraine ne devait pas excéder 60% de son PIB. Le mois dernier, l'agence de notation Moody's estimait que cette dette avait atteint 72% du produit intérieur brut et prévoyait qu'elle atteindrait 83% en 2015.

L'agence précisait que "le risque d'un défaut de paiement s'accroissait".

"L'Ukraine a enfreint les termes du prêt, et en particulier la condition de ne pas augmenter sa dette publique au-delà de 60% du PIB", a expliqué Soulianov cité par l'agence Interfax.

"De fait, la Russie dispose du droit de demander un remboursement anticipé de ce prêt. Cette décision n'a pas été prise pour l'instant", a-t-il dit.

Anton Soulianov réagissait aux déclarations faites par un responsable gouvernemental russe, cité par l'agence RIA Novosti, qui estimait qu'il était "hautement probable" que la Russie demande un remboursement anticipé de sa créance.

Cette source précisait que les autorités de Kiev avaient enfreint "toute une série" de conditions du prêt consenti par la Russie.

"Dans ces conditions, il est hautement probable que la Russie soit contrainte dans un avenir proche de demander à l'Ukraine un remboursement anticipé de sa dette de trois milliards de dollars", ajoutait cette source.

Cette déclaration semblait contredire la position exprimée en novembre par Vladimir Poutine qui avait expliqué dans la presse allemande qu'il n'avait pas l'intention de demander un tel remboursement car cela provoquerait un effondrement financier de l'Ukraine. (Jason Bush; Pierre Sérisier pour le service français)