La BCE étudie un partage des risques en cas de QE-sources

vendredi 9 janvier 2015 13h06
 

par Eva Taylor et Paul Taylor

FRANCFORT, 9 janvier (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) envisage une approche en deux temps en matière d'assouplissement quantitatif qui inclurait des achats de dettes souveraines avec partage des risques par l'ensemble de la zone euro couplés à des achats par les banques centrales nationales dont chacune assumerait le risque associé, a-t-on appris de sources proches des discussions.

De tels achats de dette d'Etat figurent parmi les instruments d'assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) que la BCE a mis à l'étude dans la perspective de sa réunion du 22 janvier, dans l'éventualité d'un nouvel assouplissement de sa politique destinée à répondre à la baisse des prix à la consommation et au risque de déflation dans la zone euro.

Plusieurs projets de QE sont en discussion et rien n'a été décidé à ce jour. Les dirigeants de la BCE doivent notamment prendre en considération les réticences marquées de l'Allemagne.

Le Conseil des gouverneurs a débattu du dossier lors d'un dîner mercredi après une réunion dont l'ordre du jour n'incluait pas la politique monétaire.

Une source de la banque centrale a déclaré que les débats avaient été marqués par "un consensus clairement plus marqué qu'auparavant" sur la nécessité de mesures d'assouplissement quantitatif.

"Pour le reste, il y a encore des opinions assez divergentes sur l'ensemble des questions: le volume, la nature illimitée ou limitée, le partage ou pas des risques, des conditions éventuelles et lesquelles. Cela reste très ouvert", a dit la source.

Selon une autre source, l'une des options à l'étude prévoit que la BCE procède elle-même à une partie des achats de dettes et qu'en cas de défaut, le risque soit partagé entre les banques centrales nationales au prorata de leur part dans son capital.

Le reste des achats serait réalisé par les banques centrales nationales, chacune assumant les risques associés à ses propres achats.

"Il n'y a eu aucune opposition de fond à cette option mercredi", a dit cette source. "Cela pourrait être une option dont la Bundesbank pourrait s'accommoder." Mais elle a ajouté qu'aucune décision n'avait été adoptée.

La BCE a refusé de commenter ces informations. (Marc Angrand pour le service français, édité par Patrick Vignal)