Moteurs-Le Gifas craint pour la rentabilité des fournisseurs

jeudi 8 janvier 2015 14h02
 

PARIS, 8 janvier (Reuters) - La rapide montée en cadence de production du moteur LEAP développé par CFM, coentreprise entre Safran et General Electric, risque de poser des problèmes de rentabilité pour les fournisseurs, a estimé jeudi le groupement des industriels de l'aérospatiale (Gifas).

CFM International, détenu à parité par Safran et GE, compte démarrer cette année la production du LEAP destiné à succéder pour les avions court et moyen-courriers d'Airbus et de Boeing, au CFM56, le moteur le plus vendu au monde.

"Atteindre la cadence, c'est un défi industriel colossal", a déclaré à Reuters Emmanuel Viellard, président du groupe des équipementiers, à l'issue d'une conférence de presse de voeux du Gifas.

CFM International prévoit de produire une trentaine de moteurs LEAP en 2015, environ 150 en 2016, environ 500 en 2017, et quelque 1.200 en 2018, a précisé une porte-parole. En 2019, CFM compte produire environ 1.800 moteurs LEAP, remplaçant ainsi quasiment totalement le CFM56.

Les équipementiers vont devoir recréer une capacité technologique entièrement nouvelle en 18 mois, alors que le CFM56 a mis 15 ans pour arriver à son rythme actuel de plus de 1.500 moteurs produits par an, a souligné Emmanuel Viellard, tout en rappelant que l'industrie aéronautique était rompue aux fortes augmentations de production.

"Vous avez tous les anciens équipements utilisés sur CFM56 qui vont baisser en termes d'utilisation et tout va se reporter sur un nouveau programme", a-t-il souligné. "Si vous faites un 'business plan' en cloche, c'est très compliqué de trouver de la rentabilité dans le futur."

Les équipementiers parviennent davantage à trouver des financements de long terme qu'il y a 18 mois, a-t-il reconnu, mais la difficulté tient à la mobilisation de la trésorerie des sociétés pour rembourser leurs emprunts.

"Je n'ai pas envie que l'ensemble des équipementiers se retrouvent dans la situation de Latécoère ", a-t-il précisé à Reuters.

Latécoère a annoncé début octobre le démarrage de négociations avec ses créanciers pour restructurer sa dette, après avoir recherché en 2010 un repreneur, une quête abandonnée lorsque son activité s'était améliorée.   Suite...