LEAD 1-Europe-Décélération de la croissance dans le privé

mardi 6 janvier 2015 13h19
 

* Les indices PMI laissent entrevoir une croissance de 0,1%
au T4
    * La nouvelle baisse des prix ne suffit pas à relancer
l'activité
    * Nouvelle contraction en France et en Italie, croissance au
ralenti en Allemagne

 (Actualisé avec contexte, détails)
    par Jonathan Cable
    LONDRES, 6 janvier (Reuters) - La nouvelle baisse des prix
consentie par les entreprises du secteur privé de la zone euro
n'a pas réussi à relancer significativement l'activité en
décembre et le dernier trimestre de 2014 devrait se solder par
une hausse infime du produit intérieur brut (PIB), suggère le
résultat définitif d'enquêtes publiées mardi.
    Malgré un léger mieux constaté par rapport à novembre, la
croissance du secteur privé en Allemagne, première économie de
la zone euro, a continué de tourner au ralenti.
    Si le secteur des services français a renoué avec la
croissance le mois dernier, le secteur privé dans son ensemble
de la deuxième puissance économique de la zone euro a continué
de se contracter en décembre.
    L'Italie, qui connaît sa troisième récession en six ans, a,
contre toute attente, a vu l'activité du secteur des services se
contracter le mois dernier, plongeant dans le rouge la totalité
du secteur privé après deux mois de hausse de l'activité.
    "Le piètre niveau des indices PMI du mois de décembre
devrait inciter certains à réclamer encore plus vivement à la
Banque centrale européenne (BCE) des mesures de soutien à
l'économie, y compris un programme d'assouplissement quantitatif
(...)", a estimé Chris Williamson, économiste en chef chez
Markit, le cabinet d'études qui a compilé les enquêtes.
    Nombre d'intervenants de marché sont de plus en plus
convaincus que la BCE, malgré les réticences de l'Allemagne,
adoptera un programme d'assouplissement quantitatif, consistant
à racheter des obligations souveraines, dès sa réunion du 22
janvier.
    Et ce d'autant plus que les économistes attendent la
publication, mercredi, d'une inflation négative en zone euro
pour le mois de décembre pour la première fois depuis 2009.
    La chute continue des cours du baril de pétrole, qui a perdu
environ 55% depuis ses pics du mois de juin, alimente les
craintes de déflation dans la zone euro.
    
    BRUTALE DÉCÉLÉRATION EN GRANDE-BRETAGNE
    L'indice composite PMI/Markit, compilé à partir d'enquêtes
menées auprès de directeurs d'achat de milliers d'entreprises et
considéré comme un bon baromètre de la croissance, est ressorti
à 51,4 en version définitive alors qu'il avait été de 51,7 en
première estimation.
    Il est certes pour un 18e mois consécutif au-dessus du seuil
de 50 séparant contraction et croissance de l'activité et
meilleur qu'en novembre, lorsqu'il avait atteint un plus de bas
de 16 mois, à 51,1.
    Mais, selon Chris Williamson, les données de décembre
laissent entrevoir une hausse de seulement 0,1% du produit
intérieur brut (PIB) sur les trois derniers mois de l'année.
    "La zone euro pourrait considérer 2014 comme l'année au
cours de laquelle la récession a été évitée d'extrême justesse,
mais les données des enquêtes suggèrent qu'il n'y aucune
garantie d'échapper à la contraction en 2015", a-t-il déclaré.
    Le sous-indice des prix montre que les entreprises ont à
nouveau réduit leurs tarifs, une pratique mise en oeuvre depuis
près de trois ans, apparamment sans grands résultats.
    L'indice PMI définitif des services, secteur dominant dans
la zone euro, est ainsi lui aussi inférieur à sa première
estimation, à 51,6 contre 51,9. Il était de 51,1 en novembre.
    En dehors de la zone euro, la Grande-Bretagne a vu son
secteur des services subir une brutale décélération de son
activité en décembre, une évolution qui suggère une nouvelle
fois le ralentissement de la croissance à l'oeuvre dans le pays.
    
    Voir aussi :
    * Le détail des enquêtes PMI 
    * Le Guide des indices PMI      
    * Les indicateurs de la zone euro en temps réel 

 (Benoit Van Overstraeten pour le service français)