L'exposition des banques allemandes à la Grèce est de 23,5 mds

lundi 5 janvier 2015 17h05
 

FRANCFORT, 5 janvier (Reuters) - Les banques allemandes sont exposées à hauteur d'environ 23,5 milliards d'euros à la Grèce mais le risque systémique est limité car les principales banques commerciales, Deutsche Bank et Commerzbank, ne détiennent qu'une petite part de ces créances, selon des données collectées par Reuters.

L'établissement le plus exposé est la banque publique de développement KfW, avec des prêts d'un montant total de 15 milliards d'euros à l'Etat grec, a déclaré la fédération bancaire BdB.

Commerzbank dit avoir une exposition d'environ 400 millions d'euros au risque de crédit en Grèce à fin septembre, tandis que le montant est de 298 millions pour Deutsche Bank à l'égard d'entreprises, de banques et d'entités publiques grecques.

Les investisseurs s'interrogent sur l'avenir de la Grèce au sein de la zone euro en raison des élections législatives anticipées organisées le 25 janvier dans ce pays.

D'après une étude de JPMorgan, Crédit Agricole est la banque de détail européenne la plus exposée à la Grèce. L'établissement français disait avoir 3,5 milliards de créances en Grèce fin 2013, mais aucune vis-à-vis d'organismes publics.

BNP Paribas détenait de son côté environ 700 millions d'euros de dette grecque fin 2013, toujours selon JPMorgan. La banque a refusé de s'exprimer à ce sujet.

Société Générale a dit avoir une exposition de 300 millions d'euros vis-à-vis des entreprises grecques à fin septembre, mais nulle en termes de dette souveraine, selon une porte-parole de la banque.

L'exposition allemande se répartit en 4,6 milliards à l'égard d'autres banques, 3,6 milliards à l'égard d'entreprises ou d'individus et 15,2 milliards à l'égard d'entités publiques, selon la BdB.

"L'exposition des banques allemandes au risque de crédit en Grèce est faible", juge le patron de la BdB, Thomas Kemmer, dans un communiqué. "C'est pourquoi, si nous devions parvenir à une situation d'insolvabilité de la Grèce, les effets directs sur les banques allemandes pourraient être surmontés."

"Même les effets de contagion qui accompagneraient une sortie (de la Grèce de la zone euro) pourraient être mieux supportés qu'il y a deux ou trois ans", ajoute-t-il. (Kathrin Jones et Thomas Atkins; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Juliette Rouillon)