GB-Les entreprises comptent investir malgré les élections

lundi 5 janvier 2015 12h24
 

LONDRES, 5 janvier (Reuters) - Les grandes entreprises britanniques prévoient d'accélérer leurs investissements en 2015 bien qu'elles nourrissent des craintes croissantes à l'égard des élections législatives prévues en mai et qu'elles nuancent leur optimisme quant à l'évolution de l'économie, montre une étude du cabinet Deloitte publiée lundi.

Les entreprises interrogées par Deloitte prévoient en moyenne une hausse de 9% de leurs investissements cette année après 8% en 2014, ce qui porterait la part de l'investissement des sociétés dans le produit intérieur brut (PIB) britannique à son niveau le plus élevé depuis l'explosion de la bulle internet en 2000.

"Les directeurs financiers s'attendent à ce que 2015 soit une année d'investissement et de redressement des salaires réels (...) indiquant que le Royaume-Uni affichera une croissance convenable durant l'année 2015", observe Ian Stewart, chef économiste chez Deloitte.

D'après le cabinet de conseil, l'investissement des entreprises devrait augmenter plus vite en Grande-Bretagne qu'aux Etats-Unis, que dans la zone euro et qu'au Japon, et les directeurs financiers s'attendent à y augmenter les salaires de 2,9%.

L'étude de Deloitte montre aussi que la confiance des entreprises dans les perspectives économiques s'est estompée par rapport aux sommets atteints en 2014. D'autres études publiées lundi par Lloyds Bank et la fédération industrielle EEF indiquent une tendance similaire.

Plus que leur propre situation, les entreprises sont surtout préoccupées par les élections législatives de mai prochain, selon l'étude Deloitte.

Les sondages donnent l'opposition travailliste légèrement devant les conservateurs, actuellement au pouvoir avec les libéraux-démocrates, dans les intentions de vote. Ils donnent à penser qu'une nouvelle fois, aucune formation ne sera en mesure de gouverner seule.

La probabilité d'une alternance politique et l'incertitude qu'elle implique figurent en tête des risques ressentis par les directeurs financiers, devant une possible déflation dans la zone euro et un référendum éventuel sur l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'Union européenne.

Deloitte juge qu'il s'agit d'une évolution nette dans la réflexion des entreprises. "A l'entame de chaque année, de 2008 à 2013, la principale inquiétude des directeurs financiers résidait dans l'état de l'économique britannique. Désormais, ils perçoivent que les risques sont ailleurs", commente Ian Stewart.

L'étude a été réalisée du 27 novembre au 15 décembre auprès de 119 entreprises, pour la plupart cotées à la Bourse de Londres. (David Milliken; Bertrand Boucey pour le service français)