L'euro à un plus bas de neuf ans face au dollar

lundi 5 janvier 2015 10h37
 

LONDRES, 5 janvier (Reuters) - L'euro est tombé lundi à un creux de près de neuf ans face au dollar, plombé par la perspective d'un programme d'assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE) et par une possible période d'instabilité politique en Grèce.

Vers 09h30 GMT, la monnaie unique reculait de 0,39% face au billet vert, à 1,1954 dollar, après être tombée à 1,18605 dans les échanges en Asie. Il repasse ainsi sous la barre de 1,20 dollar pour la première fois depuis 2010.

Sur l'ensemble de l'année 2014, l'euro a cédé près de 12% face à la monnaie américaine et cette évolution ne devrait guère s'inverser à court terme au vu des divergences en termes de conjoncture économique et de politique monétaire entre les deux rives de l'Atlantique.

Le dollar a d'ailleurs gagné plus de 12% face à panier de devises internationales, avec une accélération de la hausse au cours du second semestre à mesure que la bonne santé de l'économie des Etats-Unis se confirmait.

Selon les économistes, les premières données en matière d'inflation pour le mois de décembre, attendues mercredi, devraient montrer un repli de 0,1% sur un an des prix à la consommation dans la zone euro, ce qui serait une première baisse depuis 2009.

La BCE, qui tient sa première réunion de politique monétaire de 2015 le 22 janvier, se fixe comme objectif une inflation juste en deçà de 2%. L'estimation "flash" de l'inflation allemande est attendue à 13h00 GMT lundi.

Pour les intervenants de marché, il ne fait plus guère de doute que la BCE votera un programme d'assouplissement quantitatif le 22 janvier, surtout après les déclarations de Mario Draghi, président de la BCE, disant que le risque de voir l'institut d'émission ne pas être en mesure de préserver la stabilité des prix était plus élevé aujourd'hui qu'il y a six mois.

Aux Etats-Unis, les acteurs de marché se plongeront mercredi dans le compte-rendu de la dernière réunion de comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, qui a cessé tout rachat d'obligations souveraines à la fin de 2014, pour savoir quand elle commencerait à relever ses taux.

"Des anticipations de plus en plus fortes de voir la BCE adopter un programme d'assouplissement quantitatif le 22 janvier, associées à des inquiétudes politiques avant les élections législatives en Grèce, devraient maintenir l'euro sous pression", a déclaré Michel Sneyd, chargé de la stratégie chez BNP Paribas.

Le gouvernement allemand souhaite que la Grèce reste dans la zone euro et n'a pas établi de plan pour anticiper le cas contraire, a assuré dimanche le vice-chancelier allemand, le social-démocrate Sigmar Gabriel, répliquant au magazine Der Spiegel selon lequel Berlin pense que la zone euro saura faire face à une éventuelle sortie de la Grèce.

Der Spiegel a affirmé que Berlin jugeait un "Grexit", ou sortie de la Grèce de la zone euro, inévitable si le parti de gauche anti-austérité Syriza remporte les élections législatives anticipées du 25 janvier. Syriza souhaite revenir sur les mesures d'austérité des dernières années et annuler une partie de la dette grecque. (Patrick Graham, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison)