20 décembre 2014 / 12:27 / il y a 3 ans

LEAD 2-Pyongyang propose une enquête conjointe sur le piratage de Sony

(Ajoute réaction américaine §4)

par Jack Kim

SEOUL, 20 décembre (Reuters) - Accusée par les Etats-Unis d'être responsable de la cyberattaque massive commise il y a un mois contre le studio hollywoodien Sony Pictures Entertainment, la Corée du Nord a proposé à Washington la création d'une commission d'enquête conjointe pour établir la vérité, rapporte samedi l'agence officielle de presse nord-coréenne KCNA.

Se disant "calomnié" par les accusations du FBI, le régime prévient que les Américains s'exposeront à de "graves conséquences" en cas de refus, précise KCNA qui cite un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

Les Etats-Unis ont imputé vendredi à la Corée du Nord la responsabilité de l'attaque informatique menée il y a un mois contre le studio hollywoodien et Barack Obama a annoncé qu'il réagirait en temps voulu et de manière proportionnée à cette agression. (voir )

Réagissant au démenti de Pyongyang, un porte-parole du conseil de sécurité nationale des Etats-Unis a dit s'en tenir à la conclusion du FBI. "Si le gouvernement nord-coréen veut aider, il n'a qu'à admettre sa culpabilité et indemniser Sony pour les dommages causés par cette attaque", a dit Mark Stroh.

Les "Guardians of peace" (Gardiens de la paix) qui ont revendiqué la cyberattaque contre la filiale de Sony ont exigé, et obtenu, que la comédie "The Interview", dans laquelle deux journalistes sont mandatés par la CIA pour assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, ne soit pas diffusée.

Le film était censé sortir le 25 décembre sur les écrans nord-américains.

Dans sa première réaction aux accusations lancées par le FBI, la Corée du Nord dit pouvoir prouver n'avoir aucun lien avec la cyberattaque.

"Nous proposons de mener une enquête conjointe avec les Etats-Unis pour répondre aux calomnies sans fondement que répandent les Etats-Unis en mobilisant l'opinion", a annoncé le porte-parole cité par KCNA.

"Si les Etats-Unis refusent d'accepter notre proposition d'une enquête conjointe et continuent de parler d'une sorte de réponse en nous impliquant dans cette affaire, ils doivent garder à l'esprit qu'il y aura de graves conséquences", ajoute-t-il.

Washington a appelé vendredi soir Pékin, Tokyo, Séoul et Moscou à participer à un effort de lutte contre les cyberattaques.

Le Japon et la Corée du Sud y ont répondu favorablement. La Chine n'a pas encore officiellement réagi mais le Global Times, un journal tabloïd dépendant du Quotidien du peuple, l'organe officiel du Parti communiste chinois, a dénoncé dans un éditorial une "arrogance culturelle", après avoir précisé que tout pays civilisé s'opposerait à des cyberattaques ou menaces terroristes.

"Un film tel que 'The Interview' (...) n'est pas quelque chose dont Hollywood et la société américaine doivent être fiers", peut-on lire dans l'édition anglophone, destinée à une audience étrangère plus que chinoise. "La raillerie acerbe de Kim n'est que le résultat d'une arrogance culturelle insensée." (voir ) (avec Steve Holland à Washington; Agathe Machecourt et Henri-Pierre André pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below