** LE POINT SUR LES MARCHÉS à la clôture en Europe **

vendredi 19 décembre 2014 18h24
 

PARIS/LONDRES, 19 décembre (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé
sur une note mitigée vendredi, après un rally de trois jours, freinées par les
craintes de voir la Banque centrale européenne (BCE) imposer des mesures
restrictives à son projet d'assouplissement quantitatif (QE) via des rachats de
dettes souveraines.
    Des responsables de la BCE étudient différents moyens permettant de faire
supporter aux pays les plus faibles de la zone euro tels que la Grèce et le
Portugal une part plus importante du coût et du risque d'éventuelles nouvelles
mesures de QE, a-t-on appris de sources proches du dossier. 
    "Les marchés ont plus ou moins entièrement anticipé l'annonce d'un QE au
premier trimestre de l'an prochain et s'il y la moindre chose qui semble vouloir
mettre des bâtons dans les roues (de cette politique), les marchés doivent le
prendre en compte", dit Lorcan Roche Kelly, analyste chez Agenda Research en
Irlande. "Cela ne peut pas avoir lieu dans une union monétaire. Soit vous avez
une union monétaire, et donc une politique commune, soit vous ne l'avez pas." 
    La tendance reste néanmoins soutenue, comme à Wall Street, qui progresse
légèrement au moment de la clôture européenne, par un vif rebond technique des
cours du pétrole, l'espoir d'un apaisement des tensions avec la Russie et sur le
rouble, ainsi que la confirmation par la Banque du Japon de son engagement à
mener une politique monétaire de soutien massif à la croissance. 
    À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,18% à 4.241,65  points.
Le Footsie britannique a gagné 1,23%, porté par les valeurs minières,
mais le Dax allemand a reculé de 0,25%. L'indice EuroStoxx 50
 a abandonné 0,4% mais le FTSEurofirst 300 a pris 0,36%.
    Sur l'ensemble de la semaine, le CAC a gagné 3,23% et l'EuroStoxx 50 2,41%,
dans des marchés dopés par des déclarations jugées rassurantes de la Réserve
fédérale américaine mercredi, qui a promis d'être "prudente" dans la remontée
des taux et s'est montrée optimiste sur les perspectives de l'économie du pays. 
    Les secteurs métallurgiques et miniers (+2,2%) et liés à l'énergie
 (+1,75%) sont arrivés en tête des hausses avec la rebond des cours,
alors que la pharmacie (-0,69%) a pesé sur la cote, tirée vers le bas
par Roche  (-6,34%) qui a subi deux nouveaux revers, dans sa recherche
de traitements de la maladie d'Alzheimer et du cancer du sein. 
    Le baril de Brent est repassé au-dessus des 60 dollars, bénéficiant de
rachats de positions courtes après avoir touché un plus bas de près de cinq ans
et demi et perdu près de la moitié de sa valeur depuis ses pics de juin. 
    Ce rebond a favorisé un redressement du rouble, en hausse de 4,5% après ses
lourdes chutes dans la semaine malgré un relèvement massif du taux directeur de
la banque centrale russe, un mouvement qui affaiblit les banques du pays et
fragilise son président Vladimir Poutine.  
    Le dollar progressait pour la troisième séance d'affilée, porté par les
divergences en matière de politique monétaire, avec d'un côté un durcissement de
la Fed, de l'autre un assouplissement de la BCE et de la Banque du Japon.
    Aux valeurs, Atos a bondi de 6,19% après avoir conclu le rachat
des activités informatiques de l'américain Xerox. 
    A la baisse, Air France-KLM a chuté de 8,08%, plus forte baisse du
SBF 120, après son troisième avertissement sur résultats de l'année.  
    
    * Tableau des principaux marchés mondiaux :    

 (Avec Marc Jones, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid
Exbrayat)