18 décembre 2014 / 15:19 / il y a 3 ans

LEAD 2-Bourse-Alcatel bondit, fusion avec Nokia Networks évoquée

* L'action Alcatel-Lucent finit en hausse de 8%

* Discussions en vue d'une fusion selon "Manager Magazin"

* Alcatel et Nokia ne font pas de commentaire (Actualisé avec nouvelle source)

par Gwénaëlle Barzic et Eric Auchard et Jussi Rosendahl

PARIS/LONDRES/HELSINKI, 18 décembre (Reuters) - L'action de l'équipementier télécoms Alcatel-Lucent a clôturé en forte hausse jeudi à la Bourse de Paris avec le retour des spéculations sur un rapprochement avec son rival européen Nokia Networks.

Selon le mensuel allemand "Manager Magazin", Alcatel-Lucent serait entré en négociations avec le groupe finlandais en vue d'une éventuelle fusion ou d'une étroite coopération. Les contacts entre les deux groupes auraient repris à l'automne.

L'action Alcatel-Lucent a clôturé sur un gain de 8,72% à 2,89 euros dans des volumes représentant 2,5 fois leur moyenne quotidienne de ces trois derniers mois alors qu'elle cotait en hausse de 2,8% avant l'information du journal allemand. La valeur a signé la plus forte hausse du CAC 40 qui a terminé en progression de 3,35%. Nokia Networks a lui grimpé de 3,4%.

Ni Alcatel-Lucent ni Nokia Networks n'ont souhaité faire de commentaire.

Les rumeurs d'un rapprochement entre les deux européens sont récurrentes dans un secteur dépendant des capacités d'investissement des opérateurs télécoms et soumis à la forte concurrence des équipementiers chinois Huawei et ZTE .

L'année dernière, des sources proches du dossier avaient indiqué à Reuters que le groupe finlandais discutait en interne de la possibilité de solliciter Alcatel-Lucent en vue d'une alliance dans le cadre de la revue stratégique engagée après sa décision de vendre son activité de téléphonie mobile à Microsoft .

"C'est une opération qui paraît évidente car elle rassemble deux groupes qui ne peuvent pas vraiment continuer seuls dans la durée", souligne une source au fait du dossier.

Selon cette source, les discussions entre les deux acteurs ne se sont jamais vraiment interrompues ces cinq dernières années mais la perspective de suppressions d'emplois importantes est susceptible de heurter le pouvoir politique en France.

Evoquant un "serpent de mer", une autre source au fait du dossier a rapporté qu'un accord ne semblait pas imminent.

Une source syndicale à Alcatel a quant à elle indiqué que les représentants syndicaux n'avaient pas été informés par la direction d'un tel projet.

PEU D'EXEMPLES DE FUSION CONCLUANTS

Acculé à gager ses brevets pour pouvoir obtenir un prêt de ses banques fin 2012, Alcatel-Lucent a depuis opéré un spectaculaire redressement sous la houlette de son nouveau directeur général Michel Combes.

Cessions d'actifs, suppressions de 10.000 postes à travers le monde, abandon des contrats jugés non rentables, l'ancien dirigeant de Vodafone Europe a appliqué un traitement de choc à l'équipementier avec l'objectif de retrouver le chemin de la rentabilité à l'horizon 2015.

Si Alcatel a assaini ses finances, il continue de brûler de la trésorerie et souffre de son manque de taille critique dans le mobile.

Son alter ego Nokia a lui aussi traversé une restructuration massive avec cessions d'activités et suppressions d'emplois à la clef qui lui a permis de retrouver des couleurs.

Selon "Manager Magazin", un rapprochement entre ses compétences dans le mobile et celles d'Alcatel dans le fixe pourrait faire sens au moment où les frontières entre ces deux segments s'estompent avec l'essor du très haut débit.

Mikael Rautanen, analyste à Equity Research, souligne quant à lui qu'un mariage avec le groupe franco-américain pourrait permettre à Nokia Networks de renforcer sa présence aux Etats-Unis.

"Mais il faut se rappeler que les fusions dans ce secteur ont été peu fructueuses", souligne-t-il.

La fusion du français Alcatel et de l'américain Lucent en 2006 en est d'ailleurs l'illustration, le nouvel ensemble n'étant jamais jusque-là parvenu à dégager des bénéfices de manière régulière. (Avec Arno Schuetze à Francfort, Sophie Sassard à Londres et Alexandre Boksenbaum-Granier à Paris, édité par Jean-Michel Bélot)

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