LEAD 2-Un taux négatif en Suisse pour freiner le franc

jeudi 18 décembre 2014 11h01
 

(Actualisé avec les déclarations du président de la BNS)

ZURICH, 18 décembre (Reuters) - La Banque nationale suisse (BNS) a surpris les marchés jeudi en annonçant l'instauration d'un taux d'intérêt négatif de -0,25% sur les dépôts à vue supérieurs à 10 millions de francs (8,3 millions d'euros), tentant ainsi de décourager les achats de précaution d'investisseurs cherchant à se protéger contre la chute du rouble et des cours pétroliers.

Le franc suisse s'est rapproché ces dernières semaines du plancher de 1,20 par euro que s'est fixé la BNS, la monnaie unique se dépréciant en raison des anticipations d'un prochain assouplissement quantitatif (QE) de la part de la Banque centrale européenne (BCE) au début de 2015.

En prenant cette mesure, la BNS précise dans un communiqué qu'elle "vise un Libor à trois mois situé dans la zone négative". Elle ajoute que le taux d'intérêt négatif sera prélevé à compter du 22 janvier et jusqu'à nouvel avis.

"La marge de fluctuation (du Libor à trois mois) est désormais comprise entre -0,75% et 0,25% et retrouve ainsi sa largeur habituelle d'un point. L'intérêt négatif sera prélevé sur les avoirs en comptes de virement qui excèdent un certain montant exonéré", explique-t-elle.

Le franc suisse a réagi à la baisse à ces annonces, touchant contre le dollar un plus bas depuis mai 2013 à 0,9836 et inscrivant un plus bas depuis la mi-octobre face à l'euro à 1.20925 franc.

Les banques commerciales détenaient 313 milliards de francs suisses en dépôts à vue auprès de la BNS à la fin de la semaine dernière.

La BNS a souligné par ailleurs sa volonté de défendre le cours plancher de 1,20 par euro, établi en 2011 au plus fort de la crise de la zone euro.

"La Banque nationale renforce le cours plancher de 1,20 franc pour 1 euro et continuera de le faire prévaloir avec toute la détermination requise. Le cours plancher demeure l'instrument central pour prévenir le durcissement inopportun des conditions monétaires qu'entraînerait une appréciation du franc", affirme-t-elle.   Suite...