France-Un rapport alarmiste pour les retraites complémentaires

lundi 15 décembre 2014 11h07
 

PARIS, 15 décembre (Reuters) - Les régimes de retraite complémentaire des salariés accumulent des déficits croissants et leurs réserves devraient s'assécher à plus ou moins brève échéance, avertit la Cour des comptes, qui prône notamment un recul de deux ans de l'âge de la retraite.

Dans un rapport à paraître jeudi dont Le Parisien-Aujourd'hui en France publie lundi des extraits, la Cour évalue à 100 milliards d'euros les déficits cumulés de l'Agirc et l'Arrco à l'horizon 2030.

Le trou pourrait atteindre 390 milliards d'euros en 2040, sous l'effet de l'arrivée à la retraite des générations du baby boom d'ici 2034 et de l'allongement de l'espérance de vie.

Pour 2014, le déficit annuel devrait approcher 5,3 milliards d'euros après 4,4 milliards l'an passé et ce malgré les mesures de redressement, dont le gel des prestations, décidées en 2010 puis 2013.

Quel que soit le scénario retenu en termes d'évolution de la masse salariale et du chômage, la Cour des comptes estime que les réserves accumulées par l'Agirc, la caisse de retraite complémentaire des cadres, lors des années d'excédent s'épuiseront en 2018 et celles de l'ensemble Agric-Arrco (non cadres), avant 2023.

Pour remédier à cette situation, la Cour des comptes estime que la combinaison de trois leviers (montant des pensions, niveau des cotisations et âge de départ) permettrait de repousser le spectre de l'épuisement des réserves au-delà de 2030, quand la démographie redeviendra plus favorable.

Elle estime notamment qu'un recul moyen de deux ans de l'âge de départ à la retraite progressivement sur quatre générations à partir de 1956 permettrait de dégager une marge de financement comprise entre 59 milliards et 94 milliards d'euros selon les scénarios retenus.

Cela supposerait un recul à 64 ans de l'âge légal de départ à la retraite mais la Cour des comptes écrit également qu'"une déconnexion d'avec les conditions du départ à la retraite du régime général ne saurait être exclue", indique encore Le Parisien-Aujourd'hui en France. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)