** LE POINT SUR LES MARCHÉS à la clôture en Europe **

vendredi 12 décembre 2014 18h28
 

PARIS/LONDRES, 12 décembre (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé
sur de nouvelles pertes vendredi, portant le rythme de baisse hebdomadaire de
certains indices européens, dont le CAC 40, à son plus haut niveau en plus de
trois ans, encore une fois affectées par la chute des valeurs liées à l'énergie
dans le sillage des cours du pétrole.
    L'indice paneuropéen Stoxx 600 a perdu 5,8% cette semaine, cédant
au total environ 524 milliards de dollars, plus de deux fois le PIB de la Grèce,
et le CAC 40 a lâché 7,03%, plus forte baisse hebdomadaire depuis septembre
2011.
    "C'est un carnage. Après une semaine aussi négative, on n'a même pas un
rebond en clôture. Le fait que le pétrole n'arrive pas à trouver un plancher
fait peur aux acteurs des marchés", dit Pierre Martin, trader chez Saxo Bank.
    À Paris, l'indice CAC 40 a terminé la journée en baisse de 2,77% à
4.108,93 points. Le Footsie britannique a perdu 2,49% et le Dax allemand
 2,72%, tandis que l'indice EuroStoxx 50 a abandonné 2,91%
et le FTSEurofirst 300 2,63%.
    Athènes, malmenée depuis le début de la semaine en raison de
nouvelles incertitudes politiques en Grèce, n'a perdu que 0,42%, ce qui ne
l'empêche pas d'accuser une perte de plus de 20% sur l'ensemble de la semaine.
    A la clôture en Europe, les indicess américains perdaient de 0,6% à 1,3%.
    L'indice des valeurs liées à l'énergie a encore accusé la plus forte
baisse de la journée, de 3,57%, et perdu 9,36% sur la semaine. 
    Saipem a abandonné 5,64% vendredi, à son plus bas niveau en dix
ans, tandis que Royal Dutch Shell reculait de 2,98%, Repsol de
5,99% et Total <TOTF.PAde 3,37%. Les groupes parapétroliers français Technip
 et CGG ont lâché respectivement 4,54% et 4,08%.
    Le cours du contrat de janvier du Brent est retombé sous le seuil des 62
dollars le baril, en baisse de plus de 2,5%, tandis que le brut léger américain
reculait de plus de 3% sous les 58 dollars le baril. 
    Le pétrole brut a chuté de plus de 45% depuis le mois de juin et la baisse
pourrait se prolonger, ce qui pousse les compagnies pétrolières à réduire leurs
investissements et certains groupes de services pétroliers comme Seadrill
 ou Fugro à faire l'impasse sur le dividende cette année.
    "On en arrive à un point où il y a un risque que la situation ne débouche
sur des défauts de paiements de certaines sociétés ou de certains pays
producteurs d'énergie, ce qui pourrait raviver les risques systémiques dans le
monde", note Christophe Donay, responsable de la stratégie chez Pictet. 
    "Il ne faudra pas être étonné si le FMI venait en aide à certains pays
producteurs de pétrole l'an prochain (...) La clé pour les gérants d'actifs en
2015 va être de diversifier et de couvrir leurs portefeuilles."
    La chute des cours du pétrole réduit les perspectives d'inflation et
alimente donc indirectement l'hypothèse de nouvelles mesures d'assouplissement
monétaire de la part de la Banque centrale européenne (BCE), notamment des
rachats de dette souveraine.
    Dans ce contexte, le rendement de l'emprunt d'Etat allemand (Bund) à 10 ans
, valeur refuge de la zone euro, a touché un nouveau plus bas
historique à 0,619%, de même que celui de son équivalent français (OAT)
, tombé à un plus bas record de 0,893%.
    Sur le marché des changes, le dollar, favorisé par de bons indicateurs de
conjoncture, a réduit ses pertes face à l'euro et accentué ses gains face au
yen, tout en atteignant un pic de 11 ans contre la couronne norvégienne, frappée
par la dégringolade du pétrole.
    
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 

 (Avec  Blaise Robinson, Juliette Rouillon pour le service français, édité par
Wilfrid Exbrayat)