Grèves et manifestations en Italie contre la politique de Renzi

vendredi 12 décembre 2014 12h20
 

ROME, 12 décembre (Reuters) - Des milliers de salariés italiens étaient appelés vendredi à se mettre en grève par les deux principaux syndicats du pays qui contestent les réformes du marché du travail initiées par le président du Conseil Matteo Renzi.

Ces réformes sont combattues à la fois par les deux centrales, la CGIL (Confédération générale italienne du travail) et l'UIL (Union italienne du Travail), et par certains membres du Parti démocrate (PD), la formation politique du chef du gouvernement italien.

Matteo Renzi espère qu'elles entraîneront une baisse du taux de chômage dans un pays dont le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté d'environ 9% depuis 2007 et où le taux de chômage est proche de 13%.

Les manifestations programmées visent essentiellement le "Jobs Act" élaboré par le gouvernement Renzi qui vise à assouplir les conditions d'embauche et de licenciement accordées aux entreprises.

Les syndicats estiment que le projet du président du Conseil fait peser l'essentiel du fardeau des réformes sur les épaules des salariés et qu'il n'aura pas d'incidence sur le retour de la croissance.

"Le gouvernement doit changer sa politique en matière d'emploi", a déclaré Susanna Camusso, chef de file de la CGIL, le principal syndicat italien. "Le 'Jobs Act' et le budget ne contribueront pas à la relance de l'économie et à la création d'emplois."

Matteo Renzi est surveillé de près par l'Union européenne et par d'autres pays du bloc, au premier rang desquels figure l'Allemagne dont la chancelière Angela Merkel qui a réclamé à plusieurs reprises une accélération des réformes, en Italie et en France notamment.

La grève de vendredi concerne les transports publics ainsi que les hôpitaux, écoles et les administrations dans l'ensemble de la péninsule transalpine. Plus d'une cinquantaine de manifestations sont prévues à travers le pays.

"Je pense que c'est une grève juste, il est temps, nous avons besoin de faire bouger les choses. Nous devons commencer à jouer notre rôle de citoyens et de salariés", a déclaré Loriana Blasi, une habitante de la banlieue de Rome qui travaille dans la capitale.

Un autre syndicat italien, la CISL (Confédération internationale des syndicats libres), a décidé de ne pas participer au mouvement de vendredi en dépit de son opposition aux réformes de Matteo Renzi.

En visite en Turquie, Matteo Renzi a dit respecter le droit de grève, tout en prévenant que les syndicats ne parviendraient à faire échouer la réforme. (Antonio Denti,; Nicolas Delame pour le service français)