** LE POINT SUR LES MARCHÉS à la clôture en Europe **

mercredi 10 décembre 2014 18h20
 

PARIS, 10 décembre (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé dans le
rouge mercredi, pour la troisième séance consécutive, victimes d'une nouvelle
chute des cours pétroliers après la révision à la baisse de la demande de brut
pour 2015 de l'organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) et par une
baisse de plus de 10% d'Airbus.
    Les marchés pâtissent également des inquiétudes sur la conjoncture
économique mondiale et de l'incertitude politique en Grèce avec la décision
d'avancer l'élection présidentielle au 17 décembre. 
    Parmi les grandes places européennes, seul le Dax allemand a fini
en légère hausse, de 0,06%. À Paris, le CAC 40 a terminé en recul de
36,03 points, soit -0,84%, à 4.227,91 points. Le Footsie britannique a
perdu 0,45%, tandis que l'indice EuroStoxx 50 a abandonné 0,37% et
le FTSEurofirst 300 0,43%. La Bourse d'Athènes a perdu encore
1,01% après son plongeon de 12,78% la veille.
    La demande mondiale de pétrole produit par l'Opep sera plus faible que prévu
en 2015, créant une offre très excédentaire, faute d'une baisse de la production
du cartel ou d'un ralentissement de l'exploitation des schistes aux Etats-Unis,
écrit l'organisation dans son rapport mensuel publié mercredi. 
    L'Opep prévoit une demande de 28,92 millions de barils par jour (bpj) en
2015, soit 280.000 bpj de moins que sa précédente prévision. 
    "La baisse des prix de l'énergie va entraîner des différenciations entre les
pays importateurs et les pays exportateurs. On a changé de paradigme en termes
de prix de l'énergie avec des implications sur l'économie et les
investissements", commente Jean Boivin, directeur adjoint de la stratégie
d'investissement chez BlackRock Investment Institute.
    Sur les marchés obligataires, les intervenants se détournent des actifs
grecs. Le rendement à court terme des obligations grecques ont bondi
de 130 points de base à 9,52%, au-dessus des rendements à 10 ans, en
hausse de 53 points de base à 8,59%, poussant dans son sillage les rendements
des pays périphériques de la zone euro. 
    Pour Lyn Graham, stratège chez Taylor, cette inversion de la courbe des taux
traduit des craintes de nouvelles dépréciations de la dette grecque. 
    Si le candidat du Premier ministre grec Antonis Samaras échoue à l'élection
présidentielle, des législatives anticipées pourraient être convoquées. Le parti
de gauche Syriza, opposé aux mesures d'austérité imposées par le Fonds monétaire
international (FMI) et l'Union européenne en échange de leur aide financière,
est donné vainqueur dans les sondages en cas de législatives. 
    Au chapitre macroéconomique, la Chine ne rassure pas non plus les
investisseurs. L'indice des prix à la consommation, principal indicateur de
l'inflation, a augmenté de seulement 1,4% en novembre en rythme annuel, soit la
plus faible hausse depuis cinq ans. 
    L'euro poursuit sa remontée (+0,39%) face au dollar et s'échange à
1,2421 par rapport au billet vert qui fait l'objet de prises de bénéfices.   
    Sur le plan sectoriel, le compartiment énergétique, qui a perdu 27%
depuis le mois de juin, affiche encore un repli de 1,94%.
    Les valeurs pétrolières ou parapétrolières sont sanctionnées en Bourse dans
le sillage de la chute des cours du brut. Shell a perdu 2,37%, Fugro
 chute de 11,12%, Saipem de 5,2% et Seadrill de
2,2%. BP abandonne 1,56%, Total 1,58% et Eni 1,3%.
    Au CAC 40, Airbus Group, plus forte baisse de l'indice parisien, a
plongé de 10,42% après avoir annoncé que son cash-flow devrait afficher un solde
négatif en 2015, notamment en raison du développement du nouveau long-courrier
A350. Il s'agit de la plus fort recul sur une séance de l'avionneur européen en
plus de six ans. 
    
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 

 (Avec Blaise Robinson, Sudid Kar-Gupta et Alexandre Boksenbaum-Granier, Claude
Chendjou pour le service français, édité par Juliette Rouillon)