10 décembre 2014 / 15:33 / dans 3 ans

France-L'armée de l'air essuie les plâtres avec l'A400M

PARIS, 10 décembre (Reuters) - L‘armée de l‘air française n‘a pas encore atteint le niveau de maturité souhaité pour l‘A400M d‘Airbus, l‘avion de transport européen entièrement neuf dont elle est le premier client, a déclaré mercredi son chef d‘état-major.

L‘A400M, développé par la France, la Belgique, la Grande-Bretagne, l‘Allemagne, le Luxembourg, l‘Espagne et la Turquie a coûté plus de 20 milliards d‘euros et compte 170 commandes, dont 50 pour Paris.

La France, qui a réceptionné son premier exemplaire à l‘été 2013, prendra livraison du sixième ce mois-ci.

“Tout est neuf dans cet avion : moteurs, avioniques, gestion du cargo, tout est innovation”, a expliqué le général Denis Mercier lors d‘une rencontre organisée par l‘Association des journalistes de défense (AJD).

“Quand qu‘on est les premiers à mettre cela en oeuvre, rien n‘est facile. Aujourd‘hui on essuie les plâtres”, a-t-il ajouté.

La Turquie et la Grande-Bretagne ont également réceptionné leur premier exemplaire, respectivement en avril et en novembre.

Airbus Group a fait savoir à la mi-novembre qu‘il finaliserait des “mesures correctives” pour l‘A400M début 2015, lors de la publication de ses résultats 2014, citant des difficultés liées à la montée en cadence du programme et aux demandes des clients lors des livraisons.

“Il va falloir encore un peu de temps pour que l‘avion ait le niveau de maturité qu‘on espère”, a ajouté le général Mercier. “Aujourd‘hui, le taux de disponibilité n‘est pas suffisant, mais on a une vision claire de ce qu‘on peut faire et on y travaille d‘arrache-pied avec Airbus.”

Les cinq avions utilisés par l‘armée ont tous des différences, ce qui complique la maintenance, mais fonctionnent bien, les problèmes de moteur connus lors du développement étant désormais “derrière nous”, a-t-il précisé à Reuters.

A400M AMÉLIORÉS EN 2015

L‘A400M, que ses pilotes qualifient d’“avion bien né”, remplace avantageusement le Transall C-160 dont certains exemplaires volaient depuis un demi-siècle.

Au début de l‘opération Chammal contre l‘organisation Etat islamique en septembre, l‘armée de l‘air française devait acheminer 18 tonnes de fret et du personnel aux Emirats arabes unis.

“Il nous aurait fallu trois C-160 et une étape par C-160, alors qu‘on a fait un seul aller-retour avec l‘A400M. On est parti le soir, on a déchargé et on est revenu le lendemain matin : c‘est ça, l‘A400M”, a ajouté le général Mercier.

Le chef d‘état-major de l‘armée de l‘air attend avec impatience le troisième des quatre A400M que doit lui livrer Airbus en 2015. Ce sera le premier à être équipé des véritables capacités de l‘avion, c‘est-à-dire avec des capacités de largage de matériel et d‘exécution de missions tactiques.

“C‘est un jalon sur lequel je pèse beaucoup sur Airbus en disant : il ne faut pas le rater. On n‘acceptera pas de retard sur ce jalon-là”, a dit le général Mercier.

L‘armée française a accepté de recevoir ses premiers A400M sans la configuration complète parce qu‘elle avait besoin de retirer les vieux Transall du service.

Airbus Defence & Space a annoncé mardi avoir obtenu le contrat de maintenance de l‘A400M pour la France et la Grande-Bretagne, laquelle a commandé 22 unités de l‘avion.

La France vient également de notifier cette semaine à Airbus le développement de 12 avions-ravitailleurs basés sur l‘A330 de l‘avionneur européen et la commande du premier exemplaire, là aussi pour remplaces des tankers “exsangues”.

Huit autres doivent être commandés en 2015 et l‘armée de l‘air étudie la possibilité d‘anticiper celle des trois derniers exemplaires avant la fin de la loi de programmation militaire 2014-2019, pour qu‘ils puissent entrer en service avant 2025.

De la même manière, l‘armée de l‘air espère réceptionner un nouveau système de trois drones Reaper dès 2015, avec un ou deux ans d‘avance, tout en acceptant un standard inférieur à celui qui était prévu.

Paris, qui a toujours quatre drones Harfang d‘Airbus Group, a basé un système de deux drones à Niamey (Niger), un troisième étant prévu pour le début 2015. (Cyril Altmeyer, édité par Dominique Rodriguez)

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