10 décembre 2014 / 13:37 / il y a 3 ans

LEAD 1-Hansson (BCE) juge risqué l'achat de dette souveraine

(Actualisé avec citations, contexte)

par David Mardiste

TALLINN, 10 décembre (Reuters) - Recourir à la planche à billets pour acheter de la dette souveraine risque de créer des bulles spéculatives, estime l‘un des membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européene (BCE).

Ardo Hansson, gouverneur de la banque centrale d‘Estonie, pense en conséquence qu‘il vaudrait mieux s‘abstenir de prendre une telle mesure car, selon lui, les avantages en seraient minimes.

“Si on se contente d‘instaurer quelque chose qui a sans doute un très faible impact mais est susceptible de créer des risques très importants, il se peut alors qu‘on se dise qu‘en définitive... cela ne vaut pas la peine de prendre une telle initiative”, a-t-il dit à la presse, en réponse à une question sur un assouplissement quantitatif (QE).

“Il s‘agit d‘un risque afférent à la stabilité financière”, a-t-il poursuivi. “Si le prix de certains actifs est déjà assez élevé, le risque est qu‘au bout d‘un moment, cela évolue dans l‘autre sens.”

L‘Estonie s‘est administré une cure d‘austérité en matière de comptes publics pour pouvoir adopter l‘euro en 2011 et elle présente désormais la dette publique la plus faible des pays de la zone euro.

Au sein du conseil des gouverneurs de la BCE, Ardo Hansson a souvent adopté la même ligne que ses homologues allemands, qui comptent parmi les plus farouches opposants à d‘éventuels rachats d‘obligations d‘Etat.

FRANCHIR LES LIMITES

Les détracteurs d‘une telle politique jugent qu‘elle encouragerait les pays dépensiers à renoncer à toute rigueur budgétaire tout en créant des risques de bulles sur certains marchés par un afflux de liquidités.

Ardo Hansson a en outre mis en garde contre une violation des traités européens qui interdisent à la BCE de financer des Etats.

“Si nous examinons ce programme et constatons qu‘il pousse les gouvernements à creuser les déficits, alors je pense que la question se pose de savoir s‘il ne franchit pas les limites”, a dit le gouverneur de la banque centrale estonienne.

D‘autres responsables de la BCE multiplient toutefois les signes indiquant que l‘institution de Francfort pourrait prochainement sauter le pas et se lancer dans l‘assouplissement quantitatif.

Jozef Makuch, lui aussi membre du Conseil des gouverneurs, a ainsi déclaré mardi qu‘une “écrasante majorité” de gouverneurs de la BCE avait soutenu, lors de la réunion de la semaine dernière, l‘idée d‘un programme de rachat de dette souveraine.

Chef économiste de la BCE, Peter Praet a pour sa part estimé qu‘une des conditions pour le rachat de dette souveraine, à savoir l‘affaiblissement de l‘économie de la zone euro, était déjà remplie, l‘autre condition étant le sentiment que les instruments déjà en place perdent de leur efficacité. (Wilfrid Exbrayat et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below